Des élus locaux du district de Bosomtwe, dans la région Ashanti au Ghana, ont saisi le président John Dramani Mahama pour exiger le limogeage de leur DCE, Hamidu Abdallah, accusé de dépenses excessives et de détournement du programme d’amélioration des routes (DRIP).
Un audit révèle des dépenses administratives contestables
Les membres de l’Assemblée accusent le DCE d’avoir engagé des frais administratifs disproportionnés, notamment en communication, malgré l’allocation budgétaire prévue pour l’achat d’ordinateurs portables. Selon eux, ces dépenses incluent l’impression et la distribution de courriers par véhicules, alors que les laptops auraient dû faciliter les échanges entre les élus. Nana Akwasi Asare Nyansapor, porte-parole des pétitionnaires, s’interroge : pourquoi continuer à dépenser massivement dans des méthodes obsolètes alors que des solutions plus efficaces et moins coûteuses existent ?
Le programme DRIP bloqué au profit de particuliers ?
Autre grief majeur : l’obstruction présumée du programme DRIP, destiné à réhabiliter les routes intérieures des 67 communautés du district. Les élus affirment que le député local avait promis de financer le carburant des engins pour deux jours de travail dans chaque zone électorale. Pourtant, selon eux, le DCE aurait refusé de libérer les machines pour ce projet, tout en les mettant à disposition de particuliers ou de communautés payantes – une pratique qui, selon les pétitionnaires, pourrait cacher des profits illicites pour la gestion du district.
Priorités contestées et menaces de sanctions
Le document de plainte, adressé au ministre régional de l’Ashanti et au ministre de l’Administration locale, évoque également des priorités détournées. Parmi les exemples cités : la rénovation et le réaménagement du bureau du DCE, non prévus au budget, au détriment de l’éclairage public. D’autres accusations incluent l’absence de consultation sur un projet gouvernemental de routes de 10 km par district, le blocage de chantiers communautaires comme la construction d’une salle de classe à Amankwaadae, ou encore la tolérance envers l’exploitation minière illégale, jusqu’à l’intervention d’une task force régionale qui a saisi cinq excavatrices dans le district. Les élus dénoncent aussi des retards dans le versement de leurs indemnités.
Le DCE rejette toutes les accusations et menace de poursuites
Face à ces allégations, Hamidu Abdallah a catégoriquement nié toute faute. « Aucune des accusations ne justifie ma destitution ou une motion de défiance », a-t-il déclaré, affirmant que ses actions visaient le développement du district. Il a ajouté que certains points avaient déjà été résolus lors des réunions de l’Assemblée générale, tout en promettant des échanges supplémentaires avec les élus. Par ailleurs, il a annoncé son intention de poursuivre Nana Akwasi Asare Nyansapor pour diffamation, invoquant un préjudice à sa réputation. Les pétitionnaires, eux, avaient donné un ultimatum de deux semaines au DCE et à son directeur de coordination pour répondre aux griefs, sans obtenir de réaction.