Des milliers de manifestants ont défilé à Paris ce week-end pour alerter sur l’urgence de mettre fin aux mutilations génitales féminines (MGF), une pratique encore répandue malgré les interdictions légales. Portées par des associations locales et des collectifs de la diaspora africaine, ces mobilisations visent à briser le silence autour d’un fléau qui touche des millions de femmes et de filles sur le continent et au-delà.
Une marche symbolique pour briser l’omerta
Sous un soleil estival, des pancartes aux messages percutants – « Non aux MGF », « Mon corps, mon choix » ou « Justice pour les victimes » – ont scandé les rues de la capitale française. Les organisateurs, issus de plusieurs associations engagées contre les violences faites aux femmes, ont insisté sur la nécessité d’une mobilisation transnationale. « Ces pratiques ne sont pas une tradition, mais une violation des droits humains », a déclaré une porte-parole lors du rassemblement. Les MGF, bien que criminalisées en France depuis 1993, restent un enjeu de santé publique et de protection des mineures, notamment dans les communautés issues de pays où cette pratique est encore tolérée.
L’Afrique et la diaspora en première ligne
Les données de l’UNICEF estiment que plus de 200 millions de femmes et de filles dans le monde ont subi des MGF, principalement en Afrique subsaharienne et dans certains pays du Moyen-Orient. En France, où vivent près de 100 000 personnes originaires de pays pratiquant les MGF, les associations soulignent l’importance de la prévention et de l’éducation. « Nous devons travailler main dans la main avec les familles, les écoles et les communautés pour changer les mentalités », a expliqué un militant présent lors de la manifestation. Les autorités françaises, bien que mobilisées, sont régulièrement pointées du doigt pour leur manque de moyens dans la lutte contre cette pratique, notamment en matière de dépistage précoce et de prise en charge des victimes.
Un appel à l’action internationale
Les organisateurs de la marche parisienne ont profité de l’événement pour lancer un appel aux gouvernements africains et aux organisations internationales. « Les MGF ne sont pas une question de culture, mais de santé et de dignité », a rappelé une militante. Des initiatives locales, comme des campagnes de sensibilisation dans les écoles ou des lignes d’écoute dédiées, ont été saluées, mais restent insuffisantes face à l’ampleur du phénomène. Les participants ont également exigé une meilleure coordination entre les pays pour extrader les responsables de ces actes et protéger les mineures menacées lors de voyages dans leurs pays d’origine. « La lutte contre les MGF doit être une priorité absolue, car chaque victime est une vie brisée », a conclu un représentant associatif.