Entre août 2021 et août 2026, les prix des denrées alimentaires ont augmenté de 34 % en moyenne dans l'Union européenne, mais les salaires minimums ont progressé plus vite dans la majorité des pays étudiés. Malgré cette tendance générale, trois pays voient leurs travailleurs au salaire minimum perdre du pouvoir d'achat par rapport au coût de l'alimentation.
Une inflation alimentaire qui touche l'ensemble du continent
Les prix des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées ont bondi de 34 % dans l'UE sur la période, selon Eurostat. La Hongrie enregistre la hausse la plus forte avec 57 %, suivie par la Bulgarie (54 %) et la Roumanie (53 %), tandis que Chypre affiche la progression la plus modeste à 21 %. La Suisse, hors UE, limite la hausse à 5 %. La Turquie constitue un cas à part, avec une envolée des prix de 752 %, conséquence d'années d'inflation élevée et de la dépréciation de la livre turque.
Les salaires minimums ont-ils suivi le rythme ?
Dans la plupart des pays disposant d'un salaire minimum légal, les rémunérations ont augmenté plus vite que les prix de l'alimentation. La Hongrie affiche la plus forte progression avec 93 %, devant l'Allemagne (46 %), l'Espagne (29 %) et la France (20 %). La Turquie dépasse tous les comparables avec une hausse de 823 %, tandis que la Serbie (103 %) et le Monténégro (102 %) ont plus que doublé leurs salaires minimums.
Trois pays perdent du pouvoir d'achat alimentaire
Malgré des salaires plus élevés, tous les travailleurs n'ont pas bénéficié de cette dynamique. Malte enregistre le recul le plus marqué avec une perte de 6 % : un salarié au salaire minimum pouvait acheter 100 paniers de nourriture en août 2021, contre seulement 94 en août 2026. L'Espagne et la France suivent avec des baisses de 5 % et 4 %. À l'inverse, la Serbie et le Monténégro affichent les plus forts gains, avec une augmentation de 37 % du pouvoir d'achat alimentaire. La Croatie, l'Albanie, la Roumanie, la Hongrie, la Bulgarie et la Lituanie ont également enregistré des hausses supérieures à 20 %.
La Turquie, cas extrême entre salaires et prix
Le cas turc illustre les limites d'une simple comparaison entre hausse des salaires et hausse des prix. Si le salaire minimum y a augmenté de 823 % contre 752 % pour les prix alimentaires, l'écart de 71 points ne se traduit que par un gain de 8 % du pouvoir d'achat. Depuis janvier 2024, le salaire minimum turc reste au-dessus de l'inflation alimentaire, ce qui laisse aux travailleurs la possibilité d'acheter davantage qu'au point de départ, après des mois difficiles.