En Cisjordanie, l'effondrement financier de l'Autorité palestinienne paralyse le système de santé

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 5 lectures
En Cisjordanie, l'effondrement financier de l'Autorité palestinienne paralyse le système de santé

Le système de santé public en Cisjordanie occupée traverse une crise sans précédent, marquée par une pénurie critique de médicaments et une désorganisation des services hospitaliers. Cette dégradation est la conséquence directe de l'asphyxie financière de l'Autorité palestinienne (AP), privée de ses recettes fiscales par Israël, sur fond de restrictions de mouvement généralisées.

Une rupture des chaînes d'approvisionnement médical

L'hôpital gouvernemental de Beit Jala, seul établissement public pour les 320 000 habitants du gouvernorat de Bethléem, illustre cette détresse. Les oncologues y font face à une absence quasi totale de protocoles de traitement complets. La pénurie touche aussi bien les chimiothérapies que les immunothérapies et les produits biologiques. Selon les spécialistes, l'interruption des soins, même pour quelques séances, annule les bénéfices des traitements antérieurs, condamnant certains patients à une issue fatale faute de prise en charge continue.

L'impact des blocages financiers et logistiques

La crise découle principalement de la décision du ministère israélien des Finances de retenir les transferts de taxes dus à l'Autorité palestinienne. Ce manque de liquidités empêche l'achat de fournitures médicales auprès des fournisseurs, qui ont cessé leurs livraisons. Parallèlement, la multiplication des checkpoints et des fermetures de routes entrave la circulation du personnel soignant et l'acheminement des stocks depuis les entrepôts centraux, transformant des trajets de routine en périples de plusieurs heures.

Précarité du personnel et accès aux soins

Le personnel médical, dont les salaires sont réduits de moitié, peine à maintenir une activité régulière, limitant souvent les services aux seules urgences. Cette précarité touche également les patients : face à l'impossibilité d'obtenir des médicaments gratuits, les familles les plus démunies sont contraintes de renoncer aux soins ou de s'endetter lourdement. La situation est aggravée par la révocation des permis de travail et la restriction des déplacements vers les hôpitaux spécialisés de Jérusalem-Est, laissant de nombreux malades sans alternative thérapeutique.

Une insécurité généralisée

Au-delà des pénuries, le corps médical exprime une crainte croissante pour sa propre sécurité. Les professionnels de santé, qui se perçoivent comme des piliers de la résilience sociale, redoutent d'être pris pour cible dans un climat marqué par des raids et des violences de colons. Pour les médecins comme pour les patients, l'avenir immédiat reste suspendu à une incertitude totale, où l'accès aux soins devient une question de chance plutôt qu'un droit garanti.

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