En Afrique du Sud, la montée des tensions xénophobes fragilise la sécurité des populations réfugiées

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 16 lectures
En Afrique du Sud, la montée des tensions xénophobes fragilise la sécurité des populations réfugiées

La multiplication des mouvements anti-immigration en Afrique du Sud place les communautés de réfugiés dans une situation de vulnérabilité extrême. Alors qu'un ultimatum fixé au 30 septembre par un groupe militant attise les craintes, les populations étrangères dénoncent un climat d'impunité et une instrumentalisation politique à l'approche des élections locales.

L'impasse du campement de Durban

Pendant quatre mois, des centaines de demandeurs d'asile, originaires notamment de la République démocratique du Congo, du Burundi et du Mozambique, ont survécu sur le trottoir jouxtant le centre de réception des réfugiés de Durban. Privés d'accès régulier à la nourriture et aux soins, ces exilés ont vécu dans des conditions précaires, marquées par le décès d'un occupant souffrant de tuberculose. En septembre, les autorités ont procédé à l'évacuation du site, proposant aux réfugiés soit un retour dans les quartiers qu'ils avaient fui, soit un transfert vers le centre de détention de Lindela, situé à des centaines de kilomètres, une option perçue par beaucoup comme une privation de liberté.

Une hostilité alimentée par le climat électoral

Le mouvement « March and March », à l'origine des manifestations, justifie ses actions par la lutte contre la criminalité et le non-respect des lois migratoires. Toutefois, les témoignages recueillis sur le terrain contredisent cette posture : les agressions physiques visent indifféremment les individus, y compris ceux en situation régulière. Les victimes pointent du doigt une forme de complaisance des forces de l'ordre, accusées d'inaction face aux violences. Pour de nombreux observateurs et membres de la communauté, cette hostilité est exacerbée par le calendrier électoral, les étrangers servant de boucs émissaires dans un contexte de tensions sociales exacerbées.

La réponse étatique face aux pressions populaires

Le gouvernement sud-africain, sous la pression, a intensifié ses opérations de contrôle. Entre juin et août, plus de 86 000 ressortissants étrangers ont été traités en vue d'une déportation ou d'un rapatriement, une majorité provenant du Malawi, du Zimbabwe et du Mozambique. Si les autorités rappellent que les citoyens n'ont aucune légitimité pour se substituer à la police et que l'ultimatum du 30 septembre est dénué de toute valeur juridique, l'effet psychologique sur les migrants est dévastateur. Beaucoup, comme le souligne l'évêque Raphael Bahebwa, vivent désormais dans la clandestinité, craignant que cette rhétorique ne dépasse le cadre de la simple échéance calendaire pour s'inscrire dans une dynamique de violence durable.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.