En 2050, la Chine pourrait représenter deux fois le poids économique de l’Europe, selon les projections. Xi Jinping en fait un pilier de sa stratégie pour s’imposer comme leader du Sud global, face à l’hégémonie occidentale.
L’OCS, vitrine d’un nouvel ordre économique
Lors du 25e sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Bichkek, au Kirghizistan, Xi Jinping a réuni les dirigeants chinois, russes, indiens, iraniens et d’Asie centrale. L’objectif affiché : promouvoir un modèle alternatif à l’ordre occidental, où le Sud global jouerait un rôle central. Cette photographie diplomatique symbolise une ambition de long terme : faire de la Chine l’architecte d’un système économique et politique multipolaire.
La Chine, déjà première puissance économique mondiale
En une génération, le poids économique de l’Asie a connu une progression spectaculaire. Aujourd’hui, la Chine dépasse déjà l’Europe en termes de PIB, et les projections pour 2050 confirment cette tendance. Pékin mise sur cette dynamique pour renforcer son influence, notamment en Afrique, en Amérique latine et en Asie, où les pays du Sud global cherchent à diversifier leurs partenariats. Cependant, cette ambition se heurte à des réalités structurelles : malgré sa croissance, la Chine reste loin de proposer un modèle aussi intégré que celui construit par les États-Unis après 1945.
Des fractures persistantes au sein du Sud global
Derrière l’image d’un front uni, les divisions persistent. Les intérêts économiques et géopolitiques des membres de l’OCS – de l’Inde à l’Iran en passant par la Russie – ne convergent pas toujours. Pékin doit composer avec des rivalités historiques, des tensions commerciales et des déséquilibres de pouvoir au sein de cette alliance. La capacité de la Chine à fédérer ces pays autour d’un projet commun reste donc un défi majeur, même si son poids économique croissant lui donne un avantage stratégique indéniable.
Un modèle alternatif encore en construction
Si la Chine ambitionne de redéfinir les règles du jeu économique mondial, son modèle reste en construction. Contrairement à l’ordre occidental, qui s’appuyait sur des institutions multilatérales stables (FMI, Banque mondiale), Pékin propose des partenariats bilatéraux et des initiatives comme la Nouvelle Route de la soie. Mais ces mécanismes peinent encore à offrir une alternative crédible et cohérente. La question se pose : la Chine parviendra-t-elle à transformer son leadership économique en une véritable hégémonie politique et idéologique ?