Un rapport publié le 10 septembre 2026 par l’UNICEF indique que 171 millions d’élèves ont vu leur parcours scolaire perturbé en 2025 à cause d’événements climatiques extrêmes. Les données, recueillies dans 106 pays, montrent que près d’un élève sur dix a subi des interruptions, des destructions d’infrastructures ou une baisse de fréquentation, avec un impact plus marqué sur les petites filles.
Typologie des aléas climatiques à l’origine des perturbations
Le rapport recense cinq catégories d’événements : tempêtes violentes, inondations, vagues de chaleur, sécheresses prolongées et feux incontrôlés. Dans plusieurs régions d’Afrique subsaharienne et d’Asie du Sud, les inondations ont submergé des écoles primaires, tandis que les incendies de forêt ont détruit des établissements en Amérique latine. Les vagues de chaleur, quant à elles, ont conduit à la suspension de cours dans des zones urbaines d’Europe du Sud, où les bâtiments scolaires ne sont pas équipés de climatisation.
Conséquences directes sur l’enseignement et le décrochage
Les perturbations se traduisent par trois effets majeurs : la suspension temporaire des cours, la destruction ou l’endommagement des bâtiments scolaires, et la réduction du temps d’enseignement effectif. Dans les pays les plus touchés, le taux de fréquentation a chuté de 5 à 12 % pendant les périodes critiques, augmentant le risque de décrochage. Les enfants les plus vulnérables, notamment les filles, sont plus susceptibles d’abandonner leurs études lorsqu’une école est fermée ou que les déplacements deviennent dangereux.
Dimension de genre : les petites filles en première ligne
Le rapport souligne que les filles représentent une proportion disproportionnée des élèves affectés. Les raisons évoquées incluent les responsabilités domestiques accrues lors de crises (recherche d’eau, soins aux membres de la famille) et la moindre priorité accordée à leur éducation dans les foyers touchés. Cette dynamique risque d’accentuer les inégalités de genre déjà présentes dans de nombreux systèmes éducatifs.
Réponses politiques et besoins d’adaptation
Face à ces constats, l’UNICEF recommande aux gouvernements d’intégrer la résilience climatique dans les plans d’infrastructure scolaire : construction d’établissements résistants aux inondations, mise en place de systèmes de refroidissement passifs et élaboration de protocoles d’urgence pour assurer la continuité pédagogique. Le financement international, notamment via le Fonds vert pour le climat, est appelé à soutenir ces initiatives, tout en veillant à ce que les programmes ciblent spécifiquement les filles afin de prévenir un recul des acquis en matière d’égalité des sexes.