Face à une conjoncture internationale marquée par des tensions croissantes, le président français Emmanuel Macron a exposé sa stratégie pour répondre à la flambée des prix des carburants et aux menaces sécuritaires pesant sur l'Europe. Le chef de l'État a profité de cette intervention pour clarifier sa posture à l'approche de l'élection présidentielle de 2027, tout en réaffirmant sa volonté de protéger les infrastructures critiques du pays.
Gestion de la crise énergétique et prix à la pompe
Le président a attribué la hausse actuelle des prix des carburants à des facteurs géopolitiques globaux plutôt qu'à des décisions internes. Pour atténuer l'impact sur les ménages et les professionnels, il a défendu l'accord de plafonnement des prix conclu avec le groupe Total, tout en promettant d'étudier de nouvelles mesures si la situation perdure. Le chef de l'État a écarté l'idée d'une baisse des taxes, privilégiant une action directe sur les prix à la source et une coopération internationale, notamment via le G7, pour libérer des stocks stratégiques et sécuriser les voies d'approvisionnement maritime.
Sécurité européenne et soutien à l'Ukraine
Sur le plan international, Emmanuel Macron a alerté sur la multiplication des actes hostiles russes, tout en démentant formellement les rumeurs d'une attaque imminente de drones en Europe. Pour soutenir Kiev, il a annoncé la livraison prochaine de radars et de missiles supplémentaires. Par ailleurs, il a proposé un « double moratoire » visant à faire cesser les frappes mutuelles sur les infrastructures énergétiques entre la Russie et l'Ukraine, une mesure destinée à prévenir une crise humanitaire hivernale sans pour autant constituer un cessez-le-feu.
Posture politique et échéance de 2027
À sept mois de l'élection présidentielle, le président a exclu toute nouvelle dissolution de l'Assemblée nationale, jugeant une telle manœuvre préjudiciable à la stabilité du pays. Interrogé sur son implication dans le futur scrutin, il a refusé de se positionner comme un simple commentateur, affirmant que son rôle est d'éclairer les citoyens. Il n'a pas fermé la porte à un soutien public envers un candidat, précisant qu'il agirait « en responsabilité » et en fonction de l'évolution de la situation politique dans la dernière ligne droite avant le vote.
Refus d'une mobilisation sociale contre la crise
Face aux appels à une reprise de mouvements sociaux de type « Gilets jaunes » en réaction à l'inflation, Emmanuel Macron a appelé à l'unité nationale. Il a souligné que les causes de la crise actuelle, liées aux conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, ne pourraient être résolues par des manifestations internes. Le président a insisté sur la nécessité pour les forces politiques de prendre leurs responsabilités face à ce qu'il qualifie de crise durable.