Lors de sa dernière intervention devant l'Assemblée générale des Nations unies, le président français Emmanuel Macron a dressé un constat alarmant sur l'état du monde, exhortant la communauté internationale à rejeter la « loi de la jungle ». Il a articulé son discours autour de la nécessité de préserver le multilatéralisme face aux tensions géopolitiques et aux défis technologiques émergents.
Un plaidoyer pour la désescalade en Ukraine
Sur le dossier ukrainien, le chef de l'État français a formulé des propositions concrètes visant à limiter les impacts humanitaires et économiques du conflit. Il a plaidé pour l'instauration d'un « double moratoire » sur les frappes visant les infrastructures énergétiques et civiles, tant en Russie qu'en Ukraine. Par ailleurs, il a insisté sur la nécessité d'un moratoire spécifique concernant la mer Noire, une mesure jugée indispensable pour sécuriser les exportations de céréales et garantir la sécurité alimentaire des pays émergents et en développement.
La question de Gaza et la solution à deux États
Abordant la situation au Proche-Orient, Emmanuel Macron a vivement critiqué l'inaction internationale face aux événements à Gaza et en Cisjordanie, qualifiant la situation de « spectacle qui nous fait honte à tous ». Il a réaffirmé que la solution à deux États demeure l'unique voie viable pour assurer la sécurité durable d'Israël et répondre aux aspirations légitimes des Palestiniens. Pour le président français, la crédibilité des Nations unies est directement liée à leur capacité à agir concrètement pour mettre fin à ce conflit.
Souveraineté technologique et IA alternative
Le volet numérique du discours a mis en lumière un enjeu de souveraineté stratégique : l'intelligence artificielle. Face à la domination des États-Unis et de la Chine, Emmanuel Macron a appelé les nations souhaitant préserver leur indépendance à former une « coalition des indépendants ». L'objectif est de mutualiser les capacités de calcul et d'investissement pour développer un modèle d'IA « open source » de pointe. Cette initiative vise à éviter une vassalisation technologique et à garantir que les outils d'IA restent un bien commun partagé.
Refus de la division mondiale
En conclusion, le président français a mis en garde contre une « lente division du monde » et une résignation face à l'abus de pouvoir. Il a exhorté les États membres à redonner de la vitalité aux Nations unies, soulignant que le multilatéralisme doit rester l'outil privilégié pour défendre l'intérêt commun et la justice internationale. Selon lui, céder à « l'esprit de défaite » reviendrait à laisser les empires menacer la souveraineté des autres et concentrer les richesses au détriment de l'équilibre mondial.