À l'occasion du 117e anniversaire de la naissance de Kwame Nkrumah, le ministre ghanéen des Terres et des Ressources naturelles, Emmanuel Armah-Kofi Buah, a appelé à une réappropriation pragmatique de l'héritage du premier président du pays. Loin des simples cérémonies protocolaires, il exhorte les citoyens et les décideurs à traduire les idéaux de panafricanisme et d'autosuffisance en politiques publiques durables et en actions concrètes pour les générations futures.
Une vision axée sur le long terme
Pour le ministre, la pertinence de l'héritage de Nkrumah ne doit pas être mesurée par les discours, mais par la solidité des institutions et des infrastructures héritées de cette ère. Il cite en exemple des réalisations majeures telles que le barrage d'Akosombo, le port de Tema, le pont Adomi ou encore la Banque du Ghana. Selon M. Buah, ces projets illustrent une vision politique qui privilégiait l'intérêt des générations futures sur les gains électoraux immédiats, un modèle de gouvernance qu'il encourage les jeunes générations à étudier et à poursuivre.
L'impératif de l'intégration continentale
Le thème de cette année, « L'Afrique doit s'unir ou périr », a servi de base à une réflexion critique sur l'état actuel de l'intégration africaine. Le ministre a souligné que l'indépendance du Ghana n'avait de sens que si elle s'inscrivait dans une libération et une unité plus larges du continent. Il a déploré la persistance des barrières administratives et logistiques qui entravent encore aujourd'hui la libre circulation des personnes, comme en témoignent les difficultés de transport entre le Ghana et la Côte d'Ivoire, appelant à dépasser les frontières héritées de la période coloniale.
La préservation des ressources comme acte patriotique
Dans ses fonctions de ministre des Terres et des Ressources naturelles, M. Buah a lié la mémoire de Nkrumah à la protection de l'environnement. Il a qualifié la lutte contre l'exploitation minière illégale et la dégradation des forêts de devoir national. Pour le ministre, défendre les rivières et les terres du pays est une responsabilité directe envers les générations à venir, comparable à la détermination qui a animé le combat pour l'indépendance. Il a conclu son intervention en invitant les Ghanéens à faire de ces valeurs un moteur quotidien dans leurs foyers et leurs lieux de travail, afin de transformer l'aspiration à une Afrique prospère et souveraine en une réalité tangible.