Elon Musk a déclaré que les limites de vitesse récemment imposées aux services Starlink et Starshield, utilisés par l'armée ukrainienne, sont décidées par le gouvernement américain, et non par sa société SpaceX. Cette restriction a perturbé les missions de drones guidés depuis Kyiv, au moment où les tensions entre Washington et Kiev s’intensifient.
Une limitation de vitesse inattendue le 23 mars
Dans la nuit du mardi 23 mars, le réseau satellite Starlink a appliqué une restriction de 160 km/h (100 mph) à tous les appareils connectés en Ukraine. Tout engin se déplaçant plus rapidement perdait alors la connexion, rendant impossible le pilotage en temps réel de drones de combat. La mesure a été partiellement levée le mercredi soir, mais les responsables ukrainiens ont qualifié la restriction de « critique » pour la défense du pays.
Starshield, un service militaire sous contrôle américain
Musk a rappelé sur la plateforme X que Starshield, la version militaire de Starlink, appartient au gouvernement des États‑Unis. Selon lui, « tout plafond de vitesse ou d’usage est décidé par l’armée américaine et, en fin de compte, par le président ». Cette distinction entre le service civil (Starlink) et le service militaire (Starshield) vise à éviter que la technologie commerciale soit utilisée pour des actions offensives, ce que Musk juge inapproprié.
Réactions ukrainiennes et appel à la levée totale des limites
Le ministre de la Défense de l’époque, Mykhailo Fedorov, a remercié Musk pour la reprise partielle du service, mais a insisté sur la nécessité de supprimer entièrement les limites de vitesse de Starshield. Dans un message publié sur X, il a souligné que la capacité de guider des drones à grande vitesse est « cruciale pour la défense de l’Ukraine ». Le conseiller du président Zelensky, Serhiy Beskrestnov, a également évoqué la probabilité d’une corrélation entre ces restrictions et les récentes frictions politiques entre Kyiv et Washington.
Contexte des tensions entre Washington et Kyiv
Les restrictions surviennent alors que le président ukrainien Zelensky accuse les États‑Unis de mettre la pression sur son gouvernement, notamment en menaçant de limiter le partage de renseignements si l’Ukraine poursuit ses frappes contre les installations énergétiques russes. Bien que le président américain Donald Trump ait nié ces allégations, la méfiance s’est accrue après que les États‑Unis aient conclu un accord d’importation de diesel russe, perçu comme une trahison par Kyiv. Cette atmosphère tendue pourrait expliquer pourquoi les autorités américaines auraient choisi de restreindre l’usage militaire de leurs propres satellites.