Électrification rurale au Sénégal : le flou persiste autour du contrat de 91 milliards de l'ASER

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 9 lectures
Électrification rurale au Sénégal : le flou persiste autour du contrat de 91 milliards de l'ASER

Le projet d'électrification rurale porté par l'Agence sénégalaise d'électrification rurale (ASER) est au cœur d'une vive controverse judiciaire et opérationnelle. Malgré le versement d'avances conséquentes, la réalisation des infrastructures accuse un retard critique, laissant plus de 1 600 villages dans l'attente d'un accès à l'énergie.

Une information judiciaire ouverte par le PJF

Le 12 août 2026, le Pool judiciaire financier (PJF) a officiellement ouvert une information judiciaire visant des dirigeants de sociétés, les entreprises concernées et des acteurs non identifiés. Les chefs d'accusation sont lourds : association de malfaiteurs, trafic d'influence, détournement de deniers publics, ainsi que faux et usage de faux. Cette procédure fait suite à des soupçons persistants sur la gestion des fonds alloués au marché d'électrification rurale, dont une partie significative, soit près de 37 milliards de FCFA, a été décaissée au titre d'avances.

Le décalage entre communication et réalité terrain

Le contrat, signé en février 2024 pour un montant global de 91,8 milliards de FCFA, prévoyait l'électrification de 1 600 localités dans les régions de Kaffrine, Kédougou, Louga, Saint-Louis et Tambacounda. À quatre mois de l'échéance contractuelle prévue pour mars 2027, le bilan opérationnel reste très limité. Lors d'une conférence de presse en avril 2026, la direction de l'ASER faisait état de seulement 46 villages électrifiés, soit moins de 3 % des objectifs initiaux. Ce faible taux de réalisation soulève des interrogations sur le suivi du chantier et la responsabilité des parties prenantes dans la gestion de ce projet d'envergure nationale.

La portée limitée d'une décision judiciaire espagnole

La direction de l'ASER a récemment mis en avant un non-lieu provisoire prononcé par une juge d'instruction en Espagne concernant la société AEE Power. Toutefois, cette décision ne tranche pas le fond de l'affaire. Le non-lieu, qualifié de provisoire, se limite à constater que les fonds ont bien été transférés sur le compte de l'entreprise, sans toutefois apporter de garanties sur l'usage réel des 56 millions d'euros versés. Cette décision n'exonère pas les acteurs concernés des responsabilités liées à l'exécution du contrat au Sénégal, ni ne clôt les investigations sur la destination finale des fonds. Le PJF continue, de son côté, d'explorer la piste des décaissements et de la conformité des prestations fournies par le cocontractant.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.