La Commission électorale nationale indépendante (INEC) du Nigeria a apporté des précisions sur l'évolution de la composition du corps électoral en vue du scrutin de 2027. Alors que la part des jeunes sur les listes électorales est passée de 39,65 % en 2023 à 29,79 % actuellement, l'institution écarte toute désaffection politique de cette tranche d'âge.
Un glissement démographique plutôt qu'un désintérêt
Selon le professeur Joash Amupitan, président de la commission, cette diminution statistique ne reflète pas un recul de l'engagement civique des jeunes Nigérians. Il explique ce phénomène par un processus naturel de vieillissement : les citoyens qui étaient classés dans la catégorie « jeunesse » lors du cycle électoral de 2023 ont tout simplement migré vers des tranches d'âge supérieures. Ce constat souligne la nécessité d'analyser les données électorales en tenant compte de la dynamique démographique constante du pays.
Lutter contre l'apathie électorale par le débat
En marge de ces clarifications, l'INEC a organisé la finale de son concours de débat universitaire à Abuja, une initiative visant à sensibiliser les étudiants aux enjeux démocratiques. Le professeur Amupitan a insisté sur l'importance de « former les jeunes tôt » pour contrer l'apathie électorale, notant que les précédentes interactions avaient révélé une méconnaissance préoccupante des rouages du processus électoral chez certains étudiants. L'Université de Jos a remporté cette compétition, devant les universités de Bayero, d'Ibadan et de Nsukka.
Vers une meilleure inclusion et intégrité des scrutins
Le président de l'INEC a également profité de l'occasion pour dresser un bilan de son action, soulignant la réussite de plusieurs élections hors cycle, notamment à Anambra et Osun, où les scrutins ont été menés à leur terme sans les blocages observés par le passé. Concernant la représentativité, il a rappelé l'existence d'un département dédié au genre et à l'inclusivité au sein de la commission, tout en précisant que le cadre législatif nigérian actuel ne permet pas encore d'imposer des quotas stricts de parité comme c'est le cas dans certains pays européens.
Responsabiliser la nouvelle génération
Le vice-chancelier de l'Université d'Abuja, le professeur Hakeem Babatunde Fawehinmi, a exhorté les étudiants à s'impliquer concrètement dans la vie politique en retirant leurs cartes d'électeur et en participant activement au vote. Il a rappelé que le débat public constitue un outil essentiel pour la gestion des désaccords, agissant comme une alternative pacifique à la violence dans le cadre du jeu démocratique nigérian.