Les Russes votent pour leurs députés ce week-end, dans un contexte politique tendu et sous l'oeil attentif de la communauté internationale.
Un scrutin sous contrôle
Les législatives russes, qui se déroulent de vendredi à dimanche, sont les premières depuis le début de l'invasion de l'Ukraine en 2022 et l'élection présidentielle de 2024. Le parti au pouvoir, Russie Unie, devrait conserver une large majorité à la Douma, la chambre basse du Parlement, dans un système politique verrouillé par le Kremlin.
Le parti de Vladimir Poutine détient actuellement 310 sièges et vise à remporter au moins 300 sièges pour conserver sa supermajorité. Le suspense réside dans l'ampleur de cette victoire, car le bourrage d'urnes est fréquent en Russie.
Les conséquences de la guerre en Ukraine
Le score de Russie Unie et la participation pourraient refléter le mécontentement de la population face au conflit. Les familles russes sont endeuillées et le quotidien de tous les citoyens est affecté, même ceux loin de l'Ukraine.
Les frappes ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques et les entreprises privées ont provoqué des pénuries d'essence et des dégâts matériels importants. La grogne est également alimentée par des coupures d'internet et le blocage de l'application WhatsApp.
L'opposition, entre exclusion et résistance
Vladimir Poutine a écarté ses opposants du scrutin, notamment ceux qui s'opposent ouvertement à l'invasion de l'Ukraine. La dernière formation, Iabloko, a été interdite de participer après la condamnation de deux de ses dirigeants.
L'opposition en exil appelle les Russes opposés à la guerre à voter contre Russie Unie à midi, le dimanche, pour montrer leur nombre et éviter les fraudes. L'opposition autorisée, dite « systémique », critique marginalement la politique de Poutine mais accepte sa domination.
Des partis de façade
Quatre partis ont été autorisés à se présenter, mais ils ne remettent pas en cause les aspirations principales de Vladimir Poutine, notamment ses ambitions territoriales en Ukraine. Ces partis acceptent de perdre les élections en échange d'avantages administratifs et financiers.