À l'approche du scrutin du 23 septembre, l'éducation s'impose comme la préoccupation majeure des électeurs marocains, qui voient le système public perdre du terrain face à un secteur privé en pleine expansion.
Un désengagement croissant envers l'école publique
Depuis le début des années 2000, le nombre d'établissements privés a connu une hausse constante, alimentée par la méfiance grandissante des familles envers la qualité de l'enseignement public. De nombreux parents, comme Dounia, citent une détérioration du niveau scolaire et un manque d'investissement comme raisons de leur choix. Elle consacre plus de 300 € par mois aux frais de scolarité de ses deux enfants, tout en exprimant l'espoir d'une réforme qui rendrait l'école publique à nouveau compétitive.
Les partis politiques placent l'éducation au cœur de leurs programmes
À l'approche du vote, les principales formations politiques ont intégré la question de l'école publique dans leurs plateformes. Les propositions de la gauche se distinguent par leur ambition et par des chiffrages détaillés, promettant des augmentations de budget, la réduction des effectifs dans les classes et la modernisation des infrastructures. D'autres formations, bien que moins précises, ont également indiqué qu'une amélioration du système public serait un critère décisif pour leurs électeurs.
Enjeux pour l'enseignement supérieur : la loi 59‑24 sous le feu des critiques
Le débat ne se limite pas à l'enseignement primaire et secondaire. L'université publique, représentée par le syndicat SNESup, attend des clarifications sur la mise en œuvre de la loi 59‑24, adoptée en août 2025. Cette loi, qui redéfinit le cadre juridique des universités, est jugée insuffisante par les syndicats, qui réclament un dialogue sérieux avec le futur gouvernement. Selon Mustapha Azaitraoui, vice‑secrétaire général du SNESup, la place accordée à l'enseignement supérieur dans le prochain mandat sera déterminante pour la compétitivité du pays.
Perspectives électorales : le vote comme levier de changement
Pour les parents comme Dounia, le scrutin devient une occasion de faire pression sur les candidats. « Si un parti propose d’améliorer l’école publique, je vais voter pour lui », affirme-t-elle, illustrant la façon dont la question éducative peut influencer le comportement électoral. Les observateurs soulignent que les résultats de ces législatives pourraient orienter les priorités budgétaires et déclencher une série de réformes visant à rééquilibrer le système entre public et privé.