Le processus électoral des législatives de 2026 au Maroc fait l'objet d'un examen critique par le Réseau associatif d’observation des élections. À travers un déploiement massif de 1 455 observateurs, ce collectif a documenté de multiples entorses aux règles démocratiques, allant de l'usage abusif des ressources publiques à des pressions directes sur les électeurs.
Des pratiques entachant la sincérité du scrutin
Le rapport souligne des dérives préoccupantes lors de la campagne et du jour du vote. Les observateurs ont recensé 59 cas suspects de corruption électorale, visant à influencer le choix des citoyens par l'argent. Plus largement, le « guidage » des électeurs a été constaté dans 279 bureaux de vote, soit 6 % des sites observés. Cette pratique, couplée au fait que dans 28 % des bureaux les électeurs n'ont pas manipulé eux-mêmes leur bulletin, soulève des questions sur la liberté de vote et le respect du secret de l'isoloir.
L'usage contesté des ressources publiques
L'analyse met en lumière une « neutralité passive » des autorités face à l'exploitation des moyens de l'État. Avant même le lancement officiel de la campagne, 106 cas d'utilisation de projets, biens ou services publics à des fins électorales ont été relevés. À cela s'ajoute le détournement d'activités associatives pour servir des intérêts partisans, une pratique pourtant explicitement interdite par les circulaires du ministère de l'Intérieur.
Défis numériques et accessibilité
Le champ numérique est devenu un nouveau terrain de confrontation, marqué par l'opacité financière et la désinformation. Un parti politique a notamment investi jusqu'à 150 000 dollars en publicité sur Facebook en un mois, un montant dépassant les dépenses cumulées de ses concurrents. Parallèlement, 66 contenus falsifiés ou générés par intelligence artificielle ont été identifiés, malgré un cadre juridique qui sanctionne ces comportements. Enfin, le rapport pointe une défaillance structurelle majeure : 27 % des bureaux de vote restent inaccessibles aux personnes en situation de handicap, limitant de fait l'exercice de leurs droits civiques.
Exigences de transparence pour l'avenir
Face à ces constats, le Réseau associatif appelle à une plus grande transparence institutionnelle. Les observateurs réclament un accès systématique aux informations relatives aux procédures judiciaires en cours concernant les infractions électorales. Cette demande vise à pallier le manque de documentation officielle sur certains faits graves, tels que le dépôt de bulletins déjà remplis dans les urnes, afin de garantir une meilleure intégrité des futurs scrutins.