La circonscription de Casablanca-Anfa, épicentre économique du Maroc, s'apprête à vivre une échéance électorale déterminante le 23 septembre 2026. Entre mutations démographiques liées aux projets d'aménagement urbain et recompositions partisanes, la bataille pour les quatre sièges parlementaires en jeu s'annonce particulièrement disputée.
Un enjeu stratégique au cœur de la capitale économique
Anfa n'est pas une circonscription comme les autres. Bien que géographiquement restreinte, elle concentre les leviers de la puissance économique nationale : le pôle financier, les grands marchés de gros comme Derb Omar et Derb Ghallef, ainsi que des infrastructures touristiques majeures. Cette densité économique, couplée aux récents mouvements de population induits par le projet d'aménagement de l'avenue Royale, complexifie les calculs électoraux des partis en lice, rendant chaque siège hautement convoité.
Le basculement des forces politiques depuis 2016
Le paysage électoral a connu des bouleversements radicaux en moins d'une décennie. En 2016, le Parti de la justice et du développement (PJD) dominait largement avec deux sièges et plus de 30 000 voix. Cinq ans plus tard, en 2021, le Rassemblement national des indépendants (RNI) a opéré une percée spectaculaire, passant de 5 306 à 16 146 voix, tandis que le PJD subissait une érosion massive de son électorat, tombant à 2 999 suffrages. Parallèlement, les divisions au sein de la gauche, notamment entre le Parti socialiste unifié (PSU) et la Fédération de la gauche démocratique, ont conduit à une dispersion des voix fatale à leur représentation parlementaire dans cette zone.
Vers une compétition ouverte en 2026
Le scrutin de 2026 introduit une dynamique nouvelle avec l'entrée en lice de figures politiques de premier plan face aux sortants. Si le RNI, l'Istiqlal et le PJD misent sur la continuité en reconduisant leurs parlementaires actuels — respectivement Mohamed Chbak, Hassan Berkani et Abdessamad Hayker —, la concurrence s'intensifie. Le Parti authenticité et modernité (PAM) investit Najwa Koukouss, tandis que la Fédération de la gauche démocratique présente Nabila Mounib. L'échiquier est également bousculé par des candidatures comme celle de Kenza Chraïbi, sous les couleurs de l'Union constitutionnelle, et de l'économiste Mohamed Benmoussa pour le Parti du progrès et du socialisme. Cette diversité de profils et les alliances en cours rendent l'issue du scrutin particulièrement incertaine.