El Niño super : sécheresse prolongée et risques pour l'agriculture en Afrique du Sud et au Mozambique

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 22 lectures
El Niño super : sécheresse prolongée et risques pour l'agriculture en Afrique du Sud et au Mozambique

Le phénomène climatique El Niño, qualifié de « super » par les scientifiques, devrait entraîner une saison sèche et des températures élevées en Afrique du Sud et au Mozambique. Les autorités sud-africaines évaluent déjà les impacts sur l'eau, l'agriculture et la sécurité alimentaire, tandis que le secteur privé se prépare à des risques de rendements et de finances agricoles.

Un El Niño historique selon les climatologues

Le professeur François Engelbrecht de l'Université de Witwatersrand explique que les anomalies de température de la surface océanique dans le Pacifique tropical central‑est dépassent les deux degrés Celsius requis pour qualifier un événement de « super El Niño ». Les relevés indiquent aujourd’hui trois degrés Celsius au-dessus de la normale, ce qui en ferait le plus fort El Niño enregistré depuis le début des mesures en 1850. Ce phénomène est généralement associé à des précipitations en dessous de la moyenne et à des températures supérieures à la normale dans les régions affectées.

Impacts attendus sur l'eau et l'agriculture sud‑africaine

Le Cabinet sud‑africain a reçu un rapport détaillant les risques liés à cet El Niño et envisage la création d’un comité interministériel pour coordonner la réponse. La ministre à la Présidence, Khumbudzo Ntshavheni, a souligné que les conditions prévues menacent la disponibilité des ressources en eau et la sécurité municipale, surtout dans les zones déjà sous tension. Elle a ajouté que, si le scénario se confirme, les conséquences pour le secteur agricole seraient graves, affectant la préparation à la sécheresse, la production alimentaire et, par ricochet, la sécurité alimentaire des ménages déjà confrontés à un coût de la vie élevé.

Réactions du secteur agricole et perspectives de rendement

Jolanda Andrag, directrice des opérations d’AgriSA, rappelle que le Service météorologique sud‑africain prévoit une saison plus chaude et plus sèche. Elle indique que le Comité des estimations des récoltes a projeté une production de maïs 2024/25 à 17,5 millions de tonnes, un chiffre qui, combiné à de bons niveaux d’humidité du sol, de réservoirs et de stocks de céréales, place le pays dans une position de départ relativement solide. Néanmoins, Andrag précise que ces prévisions ne garantissent pas l'absence de sécheresse et que les impacts varieront d’une région à l’autre.

Vagues de chaleur et vulnérabilité des populations informelles

Le professeur Engelbrecht met en garde contre le risque majeur que représentent les vagues de chaleur, notamment dans la province du Gauteng. Des températures pouvant atteindre 35 °C, voire dépasser 40 °C pendant 10 à 14 jours, menacent les habitants des logements informels qui n’ont pas un accès facile à l’eau de refroidissement. Cette situation s’ajoute à des problèmes d’infrastructure déjà présents dans l’approvisionnement en eau, créant un danger potentiellement mortel pour les populations les plus précaires.

Déviation des cyclones et effets sur le Mozambique

Les experts ont également noté que les trajectoires des cyclones pourraient se déplacer davantage vers le sud, réduisant le risque d’alunissage direct sur Madagascar et le Mozambique. Cette évolution, bien que partiellement atténuée, ne compense pas les menaces liées à la sécheresse et aux températures extrêmes qui pèsent sur la région.

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