Un épisode d'El Niño d'une intensité inédite menace de frapper l'Afrique dès 2026, avec des conséquences potentiellement dévastatrices sur les récoltes, les prix des denrées et la santé publique. Les experts alertent sur un risque accru de pénuries alimentaires et d'épidémies dans plusieurs régions du continent.
Un phénomène climatique historique en préparation
Les modèles météorologiques internationaux s'accordent sur un scénario alarmant : l'épisode d'El Niño attendu en 2026 pourrait dépasser en intensité celui de 2015-2016, déjà considéré comme l'un des plus puissants jamais enregistrés. Les températures de surface de l'océan Pacifique, indicateur clé du phénomène, atteignent des niveaux records, suggérant une perturbation majeure des régimes de pluie en Afrique de l'Est, australe et centrale. Les prévisions évoquent des sécheresses prolongées dans certaines zones et des inondations dans d'autres, avec des impacts différenciés selon les pays.
Des répercussions immédiates sur la sécurité alimentaire
Les régions déjà vulnérables, comme la Corne de l'Afrique ou le Sahel, seraient les premières touchées. Les cultures de maïs, de sorgho et de blé, essentielles pour des millions de ménages, pourraient subir des baisses de rendement de 20 à 40 %, selon les premières estimations. Les prix des céréales, déjà élevés dans plusieurs pays, risquent de s'envoler, aggravant l'insécurité alimentaire pour des dizaines de millions de personnes. Les gouvernements et les organisations humanitaires préparent des plans d'urgence, mais les stocks de réserve restent insuffisants dans de nombreux États.
Un défi sanitaire et économique à venir
Au-delà de l'agriculture, El Niño favorise la propagation de maladies vectorielles comme le paludisme ou la dengue, dont les vecteurs prolifèrent dans les zones humides créées par les pluies excessives. Les systèmes de santé, souvent sous-financés, pourraient être submergés par une hausse des cas. Par ailleurs, les perturbations des chaînes d'approvisionnement pourraient freiner la croissance économique, déjà fragile dans plusieurs pays africains. Les économistes soulignent le risque d'une inflation accrue et d'une dégradation des balances commerciales, notamment pour les nations dépendantes des exportations agricoles.
Des mesures d'adaptation urgentes
Face à cette menace, la Commission de l'Union africaine a appelé à une coordination régionale renforcée pour anticiper les crises. Des initiatives de stockage d'urgence, de distribution de semences résistantes à la sécheresse et de renforcement des systèmes d'alerte précoce sont en cours de déploiement. Cependant, les experts rappellent que ces mesures ne suffiront pas sans un soutien international accru, notamment pour financer les programmes d'aide et les infrastructures de résilience climatique. La communauté internationale est invitée à agir rapidement pour limiter l'impact humanitaire et économique de ce phénomène climatique exceptionnel.