Un El Niño d’une intensité inédite depuis 1950 se prépare pour la fin 2026, avec des conséquences potentielles majeures sur les régions tropicales, l’Afrique et les territoires ultramarins français. Les scientifiques alertent sur des événements climatiques extrêmes plus violents et durables, tandis que les prévisions permettent d’anticiper les crises.
Un phénomène climatique exceptionnel en approche
Le Met Office britannique, service météorologique de référence, confirme que l’actuel épisode El Niño, débuté en juin 2026, devrait atteindre une intensité « extrême » entre décembre 2026 et janvier 2027. Selon Éric Guilyardi, climatologue et directeur adjoint du LOCEAN, il y a « 90 % de chances » que ce phénomène soit le plus puissant enregistré depuis 1950. El Niño, anomalie climatique récurrente tous les deux à sept ans, se caractérise par un réchauffement anormal des eaux du Pacifique, perturbant les régimes de précipitations et de sécheresse à l’échelle mondiale.
Des risques accrus pour les régions tropicales et les outre-mer
Les impacts d’El Niño se concentrent principalement sur les zones tropicales, où les événements climatiques extrêmes – cyclones, sécheresses ou pluies diluviennes – risquent d’être plus intenses et prolongés. Éric Guilyardi souligne que « leurs effets durent plus longtemps lorsqu’El Niño est extrême ». Les territoires ultramarins français, notamment les DOM-TOM, pourraient ainsi subir une augmentation du nombre de cyclones tropicaux. En Afrique de l’Est, les ONG préparent déjà des stocks de denrées alimentaires pour faire face aux perturbations attendues.
L’Europe épargnée, mais 2027 pourrait battre des records de chaleur
Contrairement aux idées reçues, El Niño n’a pas d’impact statistique avéré sur le climat européen. Les catastrophes météorologiques en Europe relèvent davantage d’autres facteurs climatiques. Cependant, le Met Office indique que le phénomène, combiné au réchauffement climatique d’origine humaine, pourrait contribuer à faire de 2027 l’année la plus chaude jamais enregistrée. Une superposition de facteurs qui accentue les risques de vagues de chaleur et de stress hydrique sur le continent.
Anticiper pour limiter les dégâts : les leçons des prévisions
Malgré l’ampleur des défis, les prévisions saisonnières offrent une marge de manœuvre aux territoires et aux acteurs économiques. Au Pérou, les pêcheurs ajustent leurs stocks de poisson en fonction des alertes. En Indonésie, les agriculteurs avancent les cycles de plantation du riz pour éviter les pertes liées aux sécheresses. Les marchés financiers et les assureurs intègrent ces données pour mieux évaluer les risques. Une gestion proactive qui pourrait atténuer l’impact des futurs événements climatiques extrêmes, même si leur intensité reste difficile à prédire avec précision.