Le limogeage d'Ousmane Sonko de son poste de Premier ministre en mai 2026 continue de susciter des tensions au sein de la coalition au pouvoir au Sénégal. El Malick Ndiaye, premier vice-président de l'Assemblée nationale, a publiquement exprimé ses inquiétudes face à ce qu'il perçoit comme une résurgence des méthodes de gestion de l'ancien système, menaçant la stabilité et la rigueur budgétaire du pays.
La crainte d'une dérive dans la gestion publique
Pour El Malick Ndiaye, la présence d'Ousmane Sonko à la Primature agissait comme un rempart contre les dérives administratives. Selon le responsable de Pastef, le départ de l'ancien Premier ministre a favorisé un retour en force d'acteurs de l'ancien système, dont l'influence sur la gestion des ressources publiques inquiète. Il souligne que, durant la période 2024-2026, l'exécutif avait réussi à instaurer une discipline budgétaire et une stabilité des prix, des acquis aujourd'hui fragilisés par ce changement de cap politique.
Une crise financière sous haute tension
Ce remaniement intervient dans un contexte économique particulièrement délicat pour Dakar, marqué par la révélation d'une dette dissimulée s'élevant à près de 11 milliards de dollars. Cette situation financière critique, couplée à la rupture politique entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien chef de gouvernement, alimente les craintes d'une instabilité durable. El Malick Ndiaye lie directement cette dégradation à l'éloignement de la ligne politique initiale portée par Pastef, qu'il nomme le projet « Tarawaliss ».
Appels à la cohésion et incertitudes
Malgré ces critiques virulentes, le vice-président de l'Assemblée nationale tente de maintenir une façade d'unité au sein de la mouvance présidentielle. Lors d'un rassemblement à Mbacké, il a affirmé que le « compagnonnage » entre les différentes forces politiques devait se poursuivre, tout en annonçant qu'une déclaration majeure viendrait prochainement clarifier la position du parti. Ousmane Sonko, de son côté, a repris ses fonctions de député avant d'être élu président de l'Assemblée nationale, une position qui lui permet de rester un acteur central du jeu institutionnel sénégalais tout en observant l'évolution de la ligne gouvernementale actuelle.