El Hadji Mbassou Ngom : le parcours d'un gardien de la mémoire orale de Rufisque

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 28 lectures
El Hadji Mbassou Ngom : le parcours d'un gardien de la mémoire orale de Rufisque

Figure incontournable de la ville de Rufisque, El Hadji Mbassou Ngom incarne la transmission d'un patrimoine historique et culturel séculaire. À 79 ans, cet ancien tambour-major et conseiller municipal s'est imposé comme une mémoire vivante, capable de retracer avec précision l'évolution administrative et sociale de sa cité.

Un dépositaire de l'histoire locale

Au-delà de son talent de musicien, El Hadji Mbassou Ngom est reconnu comme un maître de la parole, dépositaire des secrets et de la chronologie de Rufisque. Sa connaissance fine des institutions locales lui permet de documenter des périodes charnières, comme les mutations administratives de la ville entre 1964 et 1984. Le Jaraaf de Rufisque, Mamadou Diop Thioune, souligne d'ailleurs son rôle de « producteur de connaissances », dont l'expertise a facilité des projets de coopération décentralisée, notamment avec la ville de Nantes dans les années 1990.

La résilience comme moteur de vie

Le parcours de Mbassou Ngom est marqué par une rupture précoce : une fracture du bassin survenue à l'âge de 13 ans, alors qu'il se destinait à une carrière de médecin. Immobilisé pendant cinq ans, il a dû renoncer à ses ambitions scolaires, transformant cette épreuve en une force de caractère. Cette résilience l'a conduit vers l'art du tambour, hérité de ses ancêtres, qu'il a élevé au rang de profession respectée. Son talent fut révélé au grand public lors du premier Festival mondial des arts nègres en 1966, marquant le début d'une carrière où la rigueur et la dignité ont toujours primé sur la facilité.

Transmission et engagement citoyen

L'influence de Mbassou Ngom dépasse le cadre artistique. Ancien conseiller municipal, il a su tisser des liens étroits avec les différentes administrations locales, contribuant à la stabilité sociale de sa famille et de son entourage. Sa philosophie de vie, axée sur la générosité et la valeur du travail, a été transmise à sa descendance. Aujourd'hui, alors qu'il a pris sa retraite en 1993, il voit avec fierté ses enfants poursuivre son héritage, notamment au sein du Théâtre national Daniel Sorano, tout en veillant à ce que la nouvelle génération conserve cet ancrage culturel et cette éthique professionnelle qui ont défini son propre cheminement.

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