Une chute drastique des prix des légumes dans le district de Nabdam, dans la région du Haut-Est au Ghana, place les agriculteurs dans une situation financière précaire. Si cette abondance saisonnière profite aux consommateurs et aux commerçants, elle compromet la rentabilité des exploitations locales, incapables de couvrir leurs coûts de production.
Une chute brutale des cours sur les marchés locaux
Depuis le début du mois de septembre, les marchés de Pelungu, Kongo et Zanlerigu enregistrent une baisse significative des prix des denrées de base. Le seau de tomates, qui se négociait entre 120 et 150 GH¢ en septembre, ne vaut plus aujourd'hui que 60 à 70 GH¢. Cette tendance baissière touche également le piment frais et le gombo. Les agriculteurs expliquent ce phénomène par une récolte simultanée massive, conséquence d'une dépendance quasi totale aux précipitations saisonnières, qui contraint l'ensemble des producteurs à récolter au même moment.
Le poids des coûts de production
Pour les producteurs, cette situation est alarmante car elle ne reflète pas la réalité des investissements engagés. Le prix des intrants, notamment les engrais, dont le sac a atteint 500 GH¢, et le coût de la main-d'œuvre, oscillant entre 70 et 80 GH¢ par jour, pèsent lourdement sur les budgets. Face à la nature périssable des produits, les agriculteurs se retrouvent en position de faiblesse face aux acheteurs, contraints de brader leurs récoltes pour éviter une perte totale, faute d'infrastructures de stockage adéquates.
Des fortunes diverses chez les commerçants
Si les ménages saluent cette baisse qui allège leur panier de la ménagère, les commerçants, eux, font face à une réalité contrastée. Certains, confrontés aux frais de transport et à l'impossibilité de conserver les stocks, peinent à dégager des marges bénéficiaires. D'autres, en revanche, profitent de cette période d'abondance pour accroître leurs profits, tout en anticipant une remontée des prix dès le mois de janvier, période où la disponibilité des produits diminue drastiquement.
L'impératif d'une production mécanisée
Face à ce cycle récurrent de surproduction saisonnière suivi de pénuries, les autorités agricoles régionales identifient un besoin structurel. Le directeur régional de l'Agriculture, Alhaji Fuseini Zakaria, souligne que plus de 90 % des agriculteurs dépendent des pluies, ce qui uniformise les périodes de récolte. L'enjeu pour le district est désormais de favoriser l'accès à des forages mécanisés. Un tel investissement permettrait une production étalée sur toute l'année, stabilisant ainsi les revenus des agriculteurs et garantissant un approvisionnement constant des marchés locaux.