Le candidat du parti Horizons, Édouard Philippe, a placé la question migratoire au centre de son déplacement à Mayotte ce vendredi 21 août. Face à la saturation des services publics dans ce 101e département français, il propose des mesures restrictives drastiques visant à stopper ce qu'il qualifie d'appel d'air migratoire.
Suspension des droits fondamentaux et du regroupement familial
Dans le cadre de son programme présidentiel, l'ancien Premier ministre préconise une rupture avec le cadre actuel. Ses propositions incluent la suspension des enregistrements de demandes d'asile ainsi que celle du droit du sol sur le territoire mahorais pour une durée de plusieurs années. À ces mesures s'ajoute l'interruption, durant tout le quinquennat, des procédures liées au regroupement familial et de tout dispositif justifiant une entrée légale sur le territoire pour les ressortissants étrangers.
Réponse à la saturation des infrastructures locales
Ces annonces interviennent alors que près d'un habitant sur deux à Mayotte est de nationalité étrangère, une situation qui pèse lourdement sur les infrastructures publiques. Lors de sa visite, M. Philippe a rencontré les forces de sécurité, notamment la police aux frontières et le Groupe d'Appui Opérationnel, avant de se rendre dans le camp de Tsoundzou 2. Il y a constaté des conditions de vie jugées déplorables pour le millier de demandeurs d'asile qui y résident, justifiant selon lui l'urgence de mesures radicales pour désengorger le territoire.
Projet de centre de retour en Afrique de l'Est
Au-delà des restrictions sur le sol mahorais, le candidat envisage la création d'un centre de retour situé en Afrique de l'Est, en s'appuyant sur les nouvelles réglementations européennes. Ce projet vise à gérer les flux provenant notamment des Comores et de la région des Grands Lacs, incluant la République démocratique du Congo, le Burundi et le Rwanda. Si la localisation précise de cette structure reste à définir, cette proposition marque une volonté de déporter la gestion des retours hors des frontières nationales pour répondre à la pression migratoire régionale.