Dans le cadre de sa campagne présidentielle, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe a dévoilé un projet de réforme des retraites visant à repousser l'âge légal de départ à 65 ans. Cette mesure, couplée à un allongement de la durée de cotisation à 45 ans, est présentée comme une nécessité pour prévenir une future crise financière du système.
Un calendrier de transition sur dix ans
Le projet d'Édouard Philippe s'inscrit dans le prolongement de la réforme de 2023, actuellement suspendue. Le candidat propose une montée en charge progressive sur une décennie pour atteindre les nouveaux objectifs : un âge légal fixé à 65 ans et une durée de cotisation portée à 45 annuités. Ce calendrier vise à stabiliser le modèle par répartition tout en introduisant, selon les intentions du candidat, un volet dédié à la capitalisation.
La promesse d'aménagements spécifiques
Malgré le durcissement des conditions d'accès au taux plein, le candidat Horizons assure qu'un tiers des Français pourra bénéficier d'un départ anticipé avant l'âge de 65 ans. Cette promesse de flexibilité est présentée comme un élément de justice sociale au sein d'une réforme qualifiée par son auteur de « responsable ». L'enjeu est ici de concilier la viabilité économique du système avec les réalités des carrières individuelles.
Des visions divergentes au sein de la majorité
Cette proposition souligne les fractures stratégiques au sein de l'actuelle majorité présidentielle à l'approche de l'échéance de 2027. Alors qu'Édouard Philippe mise sur un relèvement de l'âge légal, d'autres figures, comme Gabriel Attal, privilégient une approche fondée exclusivement sur la durée de cotisation, allant jusqu'à envisager la suppression de l'âge légal de départ. Ces divergences témoignent de la difficulté à définir un modèle de protection sociale consensuel face aux défis démographiques et budgétaires.
Le poids de la réforme de 2023
Le débat actuel est fortement marqué par la suspension de la réforme de 2023. Actuellement, les règles de départ varient selon les générations : si les personnes nées à partir de 1969 restent soumises à l'âge légal de 64 ans, les générations précédentes voient leur âge de départ progresser par paliers. La durée de cotisation requise pour le taux plein est, quant à elle, fixée à 172 trimestres, soit 43 ans, pour les assurés nés à partir de 1966.