Le candidat à l'élection présidentielle Édouard Philippe a présenté son projet de réforme des retraites, articulé autour d'un allongement progressif de la durée de cotisation à 45 ans et d'un recul de l'âge légal de départ à 65 ans. Cette proposition, présentée comme une mesure de responsabilité face aux risques de crise financière, s'accompagne d'une volonté d'introduire un volet de capitalisation au sein du système actuel.
Un calendrier de réforme sur dix ans
Le projet du maire du Havre prévoit de reprendre les bases de la réforme de 2023, suspendue en 2025, pour engager une trajectoire de long terme. L'objectif est d'atteindre, en moins d'une décennie, un âge légal de départ fixé à 65 ans et une durée de cotisation portée à 45 annuités. Édouard Philippe justifie cette trajectoire par la nécessité de garantir l'équilibre du système par répartition, qu'il souhaite maintenir comme socle fondamental tout en y adjoignant un mécanisme de capitalisation via des plans d'épargne-retraite généralisés.
Des aménagements pour les situations spécifiques
Conscient de l'impopularité de la mesure, le candidat précise que la réforme ne s'appliquera pas de manière uniforme. Il estime qu'un Français sur trois pourra bénéficier d'un départ anticipé, situé entre 60 et 64 ans, en tenant compte de la pénibilité des métiers, des carrières longues ou de l'usure physique. Les dispositifs de protection existants pour les personnes en situation de handicap, en invalidité ou en incapacité permanente sont maintenus, avec des âges de départ respectifs fixés à 55, 62 et 60 ans.
Gouvernance et enjeux de crédibilité
Au-delà des paramètres financiers, Édouard Philippe propose de confier la gestion quotidienne du système aux partenaires sociaux une fois l'équilibre financier rétabli, sous réserve du respect d'une « règle d'or ». Cette annonce intervient dans un contexte politique complexe pour le bloc central, marqué par des sondages en retrait et une concurrence accrue. Le candidat oppose sa vision à celle de Gabriel Attal, qualifiant le projet de ce dernier de financièrement insoutenable, tout en cherchant à se positionner comme le garant d'une gestion responsable face aux défis économiques à venir.