En marge du salon Euronaval, le candidat à l'élection présidentielle Édouard Philippe a réaffirmé la nécessité de maintenir une trajectoire budgétaire ambitieuse pour les armées françaises. Face à un contexte géopolitique instable, il rejette fermement les velléités de retrait de l'Alliance atlantique portées par certains de ses concurrents, tout en appelant à une montée en puissance des capacités conventionnelles et technologiques de la France.
La pérennisation des investissements de défense
Édouard Philippe a salué la politique de réarmement menée depuis 2017, jugeant indispensable de ne pas relâcher l'effort consenti ces dernières années. Pour le candidat, la modernisation de la dissuasion nucléaire demeure le socle inaliénable de la souveraineté nationale. Au-delà de cette composante, il insiste sur la nécessité de « massifier » l'armement conventionnel et d'accélérer l'innovation technologique, des objectifs qui exigent, selon lui, une continuité dans les moyens financiers alloués par l'État.
Ambitions navales et souveraineté
Sur le plan opérationnel, le candidat d'Horizons a formulé des objectifs précis pour la marine française. Il plaide pour une présence accrue en mer, visant un format de flotte porté à au moins 18 frégates, soit une augmentation significative par rapport aux prévisions actuelles qui tablent sur une quinzaine d'unités à l'horizon 2030. Cette montée en gamme est présentée comme une réponse directe aux impératifs de sécurité dans un monde qualifié de « dangereux ».
Le débat sur l'ancrage atlantique
La question de la place de la France au sein de l'Otan constitue un point de rupture majeur dans la campagne. Édouard Philippe s'oppose frontalement aux propositions de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon, qui envisagent respectivement un retrait du commandement intégré ou une sortie totale de l'Alliance. Il estime qu'une telle stratégie affaiblirait la position de la France sur la scène internationale. À l'inverse, il propose de renforcer l'influence française en œuvrant activement à la structuration d'un pilier européen au sein de l'Otan, afin de garantir une meilleure coordination des capacités de défense sur le continent.