En choisissant Mayotte pour sa rentrée politique, le candidat à l'élection présidentielle de 2027, Édouard Philippe, a fait de la lutte contre l'immigration clandestine l'axe prioritaire de son programme pour le territoire. Face à une saturation des infrastructures publiques, l'ancien Premier ministre propose une série de mesures restrictives radicales visant à stopper ce qu'il qualifie d'appel d'air migratoire.
Un arsenal de mesures restrictives
Le candidat du parti Horizons entend durcir considérablement les conditions d'accès au territoire mahorais. Son programme prévoit la suspension, pour une durée de plusieurs années, des enregistrements de demandes d'asile et du droit du sol. À ces mesures s'ajoute l'interruption, sur l'ensemble du quinquennat, des procédures liées au regroupement familial. L'objectif affiché est de supprimer tout levier juridique permettant aux ressortissants étrangers de justifier une entrée ou un maintien sur l'île.
La saturation des infrastructures locales
La situation démographique de Mayotte, où près d'un habitant sur deux est de nationalité étrangère selon l'Insee, constitue le socle de cette réflexion politique. Édouard Philippe a multiplié les rencontres avec les unités de la police aux frontières et le Groupe d'appui opérationnel pour évaluer la pression sur le terrain. Le candidat souligne que les services publics sont aujourd'hui saturés, une tension exacerbée par la présence de demandeurs d'asile, notamment originaires de la région des Grands Lacs, vivant dans des conditions précaires, à l'instar du camp de Tsoundzou 2.
La perspective d'un centre de retour régional
Au-delà des mesures de restriction, le candidat propose une solution logistique pour la gestion des flux sortants. Il envisage la création d'un centre de retour situé en Afrique de l'Est, s'appuyant sur les nouvelles réglementations européennes en la matière. Si la localisation précise de cette structure reste à définir, ce projet vise à répondre à la nécessité de résorber les campements insalubres tout en réorganisant le traitement des dossiers migratoires hors du territoire mahorais.
Un enjeu de souveraineté et de reconstruction
Pour Édouard Philippe, cette politique migratoire est présentée comme le préalable indispensable à toute action de développement ou de reconstruction à Mayotte. Alors que le territoire fait face à des défis structurels majeurs, notamment en matière d'accès à l'eau et de reconstruction après le passage du cyclone Chido, le candidat lie directement la capacité d'action de l'État à sa faculté de reprendre le contrôle total des frontières insulaires.