Au lendemain des violences urbaines survenues les 17 et 18 octobre, le candidat à l'élection présidentielle Édouard Philippe a ouvert un débat sur les limites du modèle d'intégration français. L'ancien Premier ministre appelle à une refonte profonde des politiques migratoires et à un renforcement de l'autorité de l'État pour répondre à ce qu'il qualifie d'échec structurel.
Un diagnostic sur l'intégration et l'immigration
Édouard Philippe fonde son analyse sur la composition sociologique des auteurs des récentes exactions, soulignant une « surreprésentation patente » de jeunes issus de l'immigration. Tout en reconnaissant l'existence de réussites républicaines, il estime que le pays doit impérativement réviser sa stratégie. Son programme prévoit une réduction de moitié de l'immigration légale, en ciblant prioritairement les motifs professionnels et étudiants, tout en restreignant le regroupement familial et en réformant les procédures d'asile. Il propose également de dénoncer le traité de 1968 avec l'Algérie pour durcir les relations migratoires.
Réarmer l'autorité et sanctionner les auteurs
Face aux violences, le maire du Havre prône une réponse pénale ferme. Il suggère l'instauration de peines de prison « ultracourtes mais effectives » dès la première infraction, ainsi que des peines planchers en cas de récidive contre les dépositaires de l'autorité publique. Une mesure financière est également avancée : l'État devrait, selon lui, procéder à des prélèvements sur les salaires ou les prestations sociales des auteurs d'exactions pour indemniser les victimes des dégradations.
Leviers de prévention et régulation numérique
Au-delà de la répression, le candidat Horizons mise sur des outils préventifs accrus, tels que les interdictions administratives de paraître ou l'obligation de pointage au commissariat pour les individus identifiés comme fauteurs de troubles lors de manifestations. Il souhaite par ailleurs une meilleure intégration des polices municipales dans le dispositif de sécurité. Enfin, face à ce qu'il décrit comme une résurgence de la violence d'ultragauche, Édouard Philippe juge « concevable » une régulation temporaire des réseaux sociaux par la loi.
L'école et la croissance comme piliers de cohésion
Pour corriger durablement la situation, le candidat insiste sur la nécessité de réinvestir l'école et de rétablir un service national obligatoire afin de mieux transmettre les valeurs républicaines. Il lie également la réussite de l'intégration à la santé économique du pays, affirmant qu'une société en croissance est structurellement plus apte à assimiler ses nouveaux arrivants qu'une économie figée.