Le candidat à l'élection présidentielle Édouard Philippe a profité d'un déplacement à Tourcoing pour préciser les contours de son projet politique. Entre fermeté migratoire, rigueur budgétaire et refonte du système de retraites, l'ancien Premier ministre appelle au rassemblement des forces de droite et du centre.
Une stratégie de fermeté sur l'immigration
Édouard Philippe prône une politique migratoire plus restrictive, particulièrement à Mayotte où il souhaite interdire l'octroi de titres de séjour sur l'ensemble du quinquennat pour répondre à la crise locale. Sur le territoire national, il maintient une distinction entre les besoins économiques, notamment pour les métiers en tension comme la santé ou l'ingénierie, et le reste des flux. Il s'est déclaré favorable à la dénonciation des accords de 1968 avec l'Algérie, jugeant nécessaire d'aligner le statut des ressortissants algériens sur celui des autres étrangers, tout en durcissant les conditions d'interprétation du regroupement familial.
Redressement des comptes et réforme des retraites
Sur le plan économique, le candidat affiche l'objectif de ramener le déficit public à 2 % d'ici la fin de son mandat, en misant sur la maîtrise des dépenses plutôt que sur la hausse des impôts. Il lie la compétitivité du pays à une réforme du système de retraites, affirmant que « chacun devra travailler un peu plus ». Il envisage l'introduction d'un système de capitalisation obligatoire et une indexation des règles de départ sur l'espérance de vie, tout en dénonçant ce qu'il qualifie d'arrêts de travail de confort.
Ambitions pour l'école et recomposition politique
Érigée en priorité nationale, l'éducation doit, selon lui, retrouver les valeurs de mérite et d'excellence. Son plan prévoit une revalorisation salariale des enseignants et une autonomie accrue pour les établissements, afin de restaurer la sérénité au sein de la communauté éducative. Parallèlement, Édouard Philippe insiste sur la nécessité d'un rassemblement du bloc central et de la droite. Face aux critiques internes, notamment celles de Gabriel Attal, il appelle à cesser les divisions pour se concentrer sur une stratégie de victoire commune, soulignant que la recomposition partisane sera inévitable après le scrutin.
Critères de gouvernance et profil ministériel
Interrogé sur la composition de son futur gouvernement, le candidat a insisté sur la nécessité d'une « expérience du commandement ». Il attend de ses futurs ministres qu'ils agissent comme des patrons d'administration capables d'écouter et de diriger. Si le rôle de Gérald Darmanin dans la recomposition politique est jugé central, Édouard Philippe refuse de se projeter sur des nominations prématurées, préférant se concentrer sur la construction de sa majorité.