Alors que Mayotte fait face à une crise humanitaire et sociale sans précédent, Édouard Philippe, candidat Horizons à l’élection présidentielle, y a exposé ses priorités : « reprendre le contrôle de l’immigration » et « reconstruire les infrastructures » de l’archipel. Une visite qui s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes et de débats nationaux sur la gestion des flux migratoires vers les outre-mer.
Un archipel sous pression : immigration et effondrement des services publics
Mayotte, département français le plus pauvre, subit une pression migratoire massive en provenance des Comores voisines. Les habitants dénoncent une saturation des services publics, notamment en matière de santé et d’accès à l’eau, directement liée à l’afflux de migrants. Fatihou Ibrahime, président du collectif des citoyens de Mayotte, résume l’urgence : « Nous souffrons réellement de l’immigration, nous souffrons de ne plus pouvoir nous soigner, de ne plus avoir d’eau. »
Les propositions d’Édouard Philippe : externalisation et relance des infrastructures
Pour répondre à cette crise, Édouard Philippe a évoqué deux axes majeurs. D’abord, la création d’un centre de retour des migrants en Afrique de l’Est, une mesure visant à réduire les flux vers Mayotte. Ensuite, il a insisté sur la nécessité de « reconstruire et développer les infrastructures » locales, sans préciser de calendrier ou de budget. Ces annonces s’ajoutent à un discours déjà tenu par d’autres responsables politiques, comme le député Ensemble Sylvain Maillard, pour qui « on ne peut rien construire de durable à Mayotte si on ne résout pas le problème de l’immigration ».
Réactions politiques : entre soutien et critiques
Les propositions d’Édouard Philippe divisent. À Mayotte, Estelle Youssouffa, députée LIOT, salue une prise de conscience nécessaire : « Aucun candidat à l’élection présidentielle ne peut faire l’impasse sur Mayotte et la question migratoire chez nous. » Elle ajoute même que Philippe « met les pieds dans le plat et il a raison ». À l’inverse, Yannick Jadot (EELV) qualifie ses propos d’« absolue aberration », tandis que Mathieu Valet (RN) y voit une « vulgaire copie » des promesses non tenues. La gauche, représentée par Aurélie Trouvé (LFI), accuse Philippe de « draguer les électeurs de l’extrême droite » en durcissant son discours sur l’immigration.
Un enjeu électoral et une question de souveraineté
Cette visite s’inscrit dans une stratégie plus large pour Édouard Philippe, qui mise sur Mayotte pour incarner une ligne dure sur l’immigration, tout en promettant un plan de développement. Pour les Mahorais, l’urgence reste la même : trouver des solutions concrètes à une crise qui menace la stabilité de l’archipel. Reste à savoir si ces annonces se traduiront par des actes, ou si elles resteront des promesses électorales.