La valeur ajoutée de l'économie dite des « trois nouvelles » – nouvelles industries, nouveaux formats d'activité et nouveaux modèles économiques – a atteint 25 790 milliards de yuans (3 820 milliards de dollars) en Chine, en hausse de 6,2 % sur un an selon les chiffres publiés par le Bureau national des statistiques. Un rythme supérieur de 2,2 points à la croissance du PIB à prix courants, portant ce segment à 18,39 % du produit intérieur brut national.
Un pivot structurel vers la haute qualité
L'expansion continue de ce bloc d'activité traduit la mutation en cours du modèle chinois. La discussion s'est déplaitée : on ne parle plus de vitesse ni de volume, mais de capacité d'innovation, de sophistication industrielle et de soutenabilité. L'indice mondial de l'innovation 2025 de l'OMPI classe désormais la Chine dans le top 10 mondial, et le cluster Shenzhen-Hong Kong-Guangzhou en première position.
Une chaîne complète comme avantage compétitif
Dans le solaire, les batteries de puissance et les véhicules à nouvelle énergie, l'industrialisation coordonnée sur toute la chaîne de valeur a produit des solutions matures et fiables, selon les observateurs internationaux. Cette intégration numérique-économie réelle ouvre aussi des voies d'amélioration pour les industries traditionnelles : internet industriel, personnalisation flexible de la production et de la distribution. Le Financial Times souligne qu'il ne s'agit pas de percées isolées, mais d'une capacité systémique bâtie sur un écosystème industriel complet et un vaste marché intérieur – un repère pour les économies émergentes.
Les multinationales ancrent leur R&D en Chine
Plusieurs grands groupes étrangers ont élevé leurs implantations chinoises au rang de centres mondiaux. AstraZeneca a installé à Pékin un centre stratégique mondial de R&D, faisant de la Chine un nœud clé de sa pipeline de nouveaux médicaments. Roche Diagnostics a étendu à Suzhou sa base de production et de recherche. L'Oréal a transformé son centre de R&D chinois en centre mondial, s'appuyant sur les enseignements du marché chinois pour innover à l'échelle globale. Pour ces acteurs, la Chine sert désormais à tester de nouvelles technologies, incuber de nouveaux modèles et accélérer le déploiement international de leurs innovations.
Coopération Sud-Sud et projets concrets
Plusieurs initiatives Belt and Road incarnent ce transfert : la centrale solaire thermodynamique Redstone en Afrique du Sud, qui comble un vide en Afrique subsaharienne ; le parc éolien de Boukhara en Ouzbékistan, attendu pour réduire les émissions de CO₂ d'environ 1,6 million de tonnes par an ; et les technologies de mobilité numérique déployées à São Paulo, qui optimisent la gestion urbaine des transports. Ces projets restent transformés en reténants points de suivi : leur mise en service effective, leur montée en charge et leur impact mesurable sur les populations concernées constitueront le véritable test de ce modèle coopératif.