Alors que l'épidémie d'Ebola sévit en République démocratique du Congo, les autorités sanitaires font face à un défi : protéger le personnel de première ligne avec un vaccin non homologué contre la souche en cause. L'Ervebo, utilisé depuis 2019, est efficace contre la souche Zaïre, mais pas contre le Bundibugyo.
Un vaccin non adapté à la souche en circulation
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) le confirme : il n'existe aucun vaccin ou traitement spécifique pour le virus Bundibugyo. L'Ervebo, de son nom scientifique rVSV-ZEBOV-GP, est le vaccin utilisé contre la souche Zaïre, responsable des précédentes épidémies congolaises. Or, l'épidémie actuelle est due à la souche Bundibugyo.
La stratégie de protection des soignants
Le docteur Jean-Jacques Muyembe, directeur général de l'Institut national de recherche biomédicale (INRB), a annoncé la disponibilité de doses d'Ervebo pour protéger en priorité le personnel de première ligne. « Ceux qui ont été en contact avec des cas positifs doivent être protégés rapidement », a-t-il déclaré.
Des traitements en développement, mais non prouvés
En ce qui concerne les traitements, le docteur Muyembe reste prudent. Il souligne l'importance des soins standards et primaires, tout en mentionnant des molécules en cours de développement pour attaquer directement le virus. Cependant, leur efficacité n'est pas encore prouvée.
Essais vaccinaux en attente
Le directeur général de l'OMS a indiqué que les essais de vaccins contre le Bundibugyo devaient commencer dans les semaines à venir. Ces essais sont essentiels pour évaluer l'efficacité d'un vaccin contre cette souche spécifique.
La situation actuelle : 2 007 personnes vaccinées
Au 6 septembre 2026, 2 007 personnes avaient été vaccinées dans six zones de santé de trois provinces. Ce chiffre ne représente pas le nombre total de doses allouées au pays, qui s'élève à 70 000.
La question de la protection croisée
L'emploi de l'Ervebo pendant une épidémie de Bundibugyo est un sujet de discussion dans la littérature scientifique. L'idée d'une protection croisée partielle entre souches du même genre viral est étudiée, mais non démontrée.
Le retard de détection, un enjeu crucial
L'épidémie a été déclarée en mai 2026, mais le directeur général de l'INRB estime que le début de l'épidémie remonte à janvier ou février. Ce retard de détection soulève des questions sur l'efficacité du système national de surveillance, que les autorités sanitaires appellent à renforcer.