Ebola en RDC : plus de 3 000 décès, mais les indicateurs montrent un ralentissement de l’épidémie

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 31 lectures
Ebola en RDC : plus de 3 000 décès, mais les indicateurs montrent un ralentissement de l’épidémie

Depuis sa déclaration officielle à la mi‑mai 2026, l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo a fait 3 007 décès parmi 6 186 personnes contaminées, soit un taux de létalité supérieur à 48 %. Malgré ce lourd bilan, l’Africa CDC relève des signaux encourageants qui pourraient annoncer une stabilisation du virus.

Évolution du bilan sanitaire depuis le début de l’épidémie

Les données de l’Institut national de santé publique congolais indiquent que l’épidémie touche aujourd’hui 60 zones de santé réparties dans six provinces. Le nombre total de cas confirmés s’élève à 6 186, dont 3 007 ont succombé à la maladie. Le taux de mortalité, calculé à partir de ces chiffres, dépasse les 48 %, plaçant l’épidémie parmi les plus meurtrières de la région ces dernières années.

Ituri, épicentre de la crise et zones où le virus persiste

La province de l’Ituri reste le cœur de l’épidémie, avec 28 des 36 zones de santé affectées. Parmi les localités les plus touchées figurent les centres de santé d’Adja, Kambala, Logo et Mahagi. En dehors de l’Ituri, des foyers subsistent à Goma et Lubero (Nord‑Kivu) ainsi qu’à Lubunga (Tshopo). Le Sud‑Kivu, qui ne compte qu’une seule zone de santé touchée, n’a enregistré aucun nouveau cas depuis 92 jours, illustrant une dynamique contrastée entre les provinces.

Signes de ralentissement : baisse du taux de reproduction et zones sans cas récents

Le professeur Yap Boum, à la tête de la division de réponse aux urgences d’Africa CDC, souligne deux indicateurs clés. D’une part, une dizaine de centres de santé – dont Adja, Kambala, Logo, Mahagi, Goma, Lubero et Lubunga – n’ont pas signalé de cas depuis plus de trois semaines, ce qui suggère une interruption locale de la chaîne de transmission. D’autre part, le taux de reproduction (R) est passé d’environ 4 au lancement de l’épidémie à 0,97 au niveau national, et même à 0,5 dans la zone de Mongbwalu, l’ancien épicentre. Un R inférieur à 1 indique que chaque malade en infecte moins d’un autre, condition indispensable à la décroissance de l’épidémie.

Enjeux pour la réponse sanitaire et perspectives à moyen terme

Malgré ces signaux positifs, les autorités sanitaires restent prudentes. Le professeur Boum rappelle que le pic de l’épidémie n’est pas encore confirmé et que la vigilance doit se maintenir pendant plusieurs semaines. Le défi consiste désormais à consolider les gains obtenus : renforcer la surveillance active dans les zones où le virus persiste, accélérer la vaccination des contacts et garantir l’accès aux soins dans les régions les plus isolées. Si ces mesures sont maintenues, la RDC pourrait voir l’épidémie d’Ebola se stabiliser, voire amorcer une décroissance durable, allégeant ainsi la pression sur le système de santé déjà fragilisé.

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