Face à une 17e épidémie d'Ebola qui a déjà fait plus de trois mille morts en République démocratique du Congo, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a lancé un appel à une mobilisation accrue pour la prévention, la prise en charge des malades et la protection des communautés, tandis que l'OMS réclame 1,3 milliard de dollars pour soutenir la riposte.
Une crise sanitaire qui s’amplifie depuis mai 2026
Le ministère de la Santé publique a déclaré officiellement l’épidémie le 15 mai 2026. En moins de trois mois, le nombre de décès a dépassé les trois mille, faisant de cette flambée la 17e enregistrée dans le pays. L’Église catholique, représentée par Mgr Fulgence Muteba, archevêque de Lubumbashi et président de la CENCO, suit de près l’évolution de la situation et insiste sur la nécessité d’une réponse coordonnée.
Obstacles logistiques et humains identifiés par la CENCO
Dans son communiqué, la CENCO pointe plusieurs carences qui freinent la lutte contre le virus : manque d’équipements dans les établissements de santé, ruptures répétées de stocks de médicaments et de matériel de protection, ainsi que l’absence de protections adéquates sur certains sites. Le personnel de santé, démotivé par une prise en charge financière et logistique jugée insuffisante, fait également face à des actes de violence ciblant les agents sanitaires.
Mésinformation et croyances traditionnelles, un frein à la prévention
La conférence dénonce la circulation de fausses informations et de messages trompeurs, notamment des croyances attribuant Ebola à la sorcellerie ou à un mauvais sort. Ces récits alimentent la méfiance envers les structures de soins et découragent les populations d’accéder aux traitements, compromettant ainsi l’adhésion aux mesures de prévention jugées essentielles par les autorités sanitaires.
L’OMS réclame un financement d’envergure pour éviter l’hécatombe
Lors d’une réunion d’information virtuelle avec les États membres, l’Organisation mondiale de la santé a souligné que la riposte contre Ebola en RDC dépend autant de la mobilisation financière que des moyens médicaux. Elle estime qu’un financement de 1,3 milliard de dollars est nécessaire pour garantir la disponibilité des vaccins, des kits de protection et le soutien logistique aux équipes de terrain, afin d’empêcher une aggravation de la crise.