L’Algérie boit désormais son avenir dans l’eau de mer

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 74 lectures
L’Algérie boit désormais son avenir dans l’eau de mer

40 % de l’approvisionnement en eau dépendent aujourd’hui du dessalement. Un tournant pour un pays qui étouffe sous la sécheresse.


Une révolution silencieuse Le ministre de l’Hydraulique, Lounas Bouzegza, ne cache pas l’ampleur du défi : l’eau manque. Pourtant, une solution radicale s’impose. Depuis peu, près de quatre algériens sur dix reçoivent leur verre d’eau transformée en usine. Le dessalement, cette alchimie moderne, devient le rempart contre la pénurie.

Mais derrière les chiffres se cache une vérité plus inquiétante. L’Algérie puise dans l’océan ce que la nature lui refuse. Les barrages, jadis fiers, se vident. Les nappes phréatiques s’épuisent. Le dessalement, bien que prometteur, coûte cher – en énergie, en argent, et en impact environnemental.


Des usines qui changent la donne À Oran, Skikda, ou Arzew, des centaines de millions de litres par jour sont produits. Des pipelines relient désormais les côtes aux villes. Une infrastructure colossale, financée par des milliards. Mais ces usines, énergivores et polluantes, consomment autant que des villes entières.

« Nous n’avons pas le choix », reconnaît un expert en gestion des ressources. Le climat change plus vite que les politiques. Les pluies deviennent rares. Les températures grimpent. L’Algérie mise sur le dessalement pour survivre.


Un pari risqué Pourtant, des voix s’élèvent. Combien de temps avant que les coûts ne deviennent insoutenables ? Le dessalement demande trois à cinq fois plus d’énergie qu’une eau de source. Avec un mix énergétique encore trop dépendant des énergies fossiles, l’addition s’alourdit.

Et que faire des rejets salés ? Des millions de litres d’eau ultra-concentrée sont déversés en mer. Un cercle vicieux : on pompe l’eau de mer pour la rendre potable, puis on la rejette… plus salée qu’à l’origine.


L’eau, un enjeu politique et moral Au-delà des chiffres, une question persiste : l’Algérie assume-t-elle pleinement ce choix ? Le dessalement soulage, mais ne résout pas la gestion globale de l’eau. Où sont les investissements dans la réutilisation des eaux usées ? Où sont les politiques de sobriété ?

Certains pays, comme Israël ou les Émirats, ont fait du dessalement une solution clé. L’Algérie suit-elle le bon modèle ? Ou reproduit-elle les erreurs des autres, en sacrifiant l’avenir sur l’autel de l’urgence ?


L’eau, un combat qui ne fait que commencer Aujourd’hui, 40 % de l’eau vient de l’océan. Demain, sera-ce 60 % ? Le dessalement est une solution, mais pas une réponse définitive. Sans une révolution dans la gestion des ressources, l’Algérie risque de payer le prix fort.

La question n’est plus si le pays devra continuer. Mais à quel prix ? Et surtout : combien de temps avant que cette eau dessalée ne devienne trop chère pour les plus pauvres ?


Et vous, seriez-vous prêt à boire l’eau de mer ?

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