La reprise de la verrerie Duralex par la holding de Cédric Meston marque la fin des espoirs pour les 10 523 particuliers ayant investi 7 millions d'euros dans la structure coopérative. Ces investisseurs, qui avaient souscrit à des titres participatifs fin 2025, ne seront pas remboursés, la liquidation de l'ancienne SCOP ne permettant pas d'honorer ces créances.
L'impasse financière des investisseurs particuliers
La collecte de fonds, orchestrée par la plateforme Lita, visait initialement à moderniser l'outil industriel de l'usine de La Chapelle-Saint-Mesmin. Avec un ticket moyen de 372 euros, les souscripteurs avaient été avertis du caractère risqué de l'opération, les titres émis n'étant assortis d'aucune garantie en capital. La situation juridique est sans appel : les fonds ont été versés à la coopérative Duralex SCOP SA, désormais en liquidation. Dans l'ordre des créanciers, les porteurs de titres participatifs se retrouvent relégués derrière les dettes prioritaires, rendant tout remboursement impossible.
Une reprise sous conditions et sans passif
Le tribunal de commerce d'Orléans a validé le 14 octobre le plan de reprise porté par Cédric Meston, soutenu par l'investisseur Xavier Niel. Ce projet de 16 millions d'euros, incluant 6 millions d'euros d'aides publiques, se concentre sur la transition énergétique de l'usine, notamment par l'installation d'un four électrique d'ici 2029. Si cette stratégie vise un retour à la rentabilité pour 2027, elle ne prévoit aucune reprise des engagements financiers contractés par l'ancienne direction. En guise de compensation, le nouveau propriétaire a proposé aux investisseurs lésés des produits de ses marques et une visite de l'usine.
Enquêtes judiciaires et zones d'ombre
Au-delà de la perte financière pour les épargnants, la gestion de la période SCOP fait l'objet d'une attention particulière de la justice. Le parquet d'Orléans a ouvert une enquête, menant à des perquisitions au siège de l'entreprise en septembre 2026. Les investigations portent sur d'éventuelles malversations impliquant l'ancienne direction, notamment l'ex-directeur général François Marciano et son fils, ancien directeur financier. Ces derniers contestent toute irrégularité. La plateforme Lita, qui a été entendue dans ce dossier, se réserve le droit de se constituer partie civile, alors que les investisseurs disposent encore d'un délai jusqu'au 17 décembre 2026 pour tenter de déclarer leurs créances via une procédure de relevé de forclusion.