Les incursions de drones autour des installations militaires britanniques ont atteint 340 incidents en l’espace de douze mois, selon des données publiées par le journal The Independent. Face à cette hausse continue, Londres a élargi les zones d’interdiction aérienne et promet une réponse ferme aux menaces hostiles.
Une hausse continue des incidents recensés
Les chiffres obtenus par le quotidien britannique font état de 340 incidents de sécurité impliquant des drones, sur ou à proximité de sites du ministère de la Défense au Royaume-Uni, entre septembre 2025 et août 2026. La progression est nette : 250 incidents avaient été recensés en 2025, contre 126 l’année précédente, soit un quasi-doublement sur un an et près de trois fois plus qu’il y a quatre ans.
Le ministère de la Défense n’a pas communiqué sur l’origine de ces drones. Ces survols interviennent toutefois dans un contexte de tensions accrues avec la Russie, les pays européens dénonçant une multiplication des attaques hybrides sur leur territoire.
De nouvelles zones d’interdiction aérienne déployées
Pour répondre à cette menace, le gouvernement britannique a créé en février dernier de nouvelles zones d’espace aérien réglementé au-dessus de 44 sites militaires stratégiques. Selon la secrétaire d’État aux Forces armées, Louise Sandher-Jones, cette décision « reflète les progrès considérables réalisés en matière de vigilance et de signalement ». Quelque 160 sites supplémentaires seront concernés à l’automne.
Dans une déclaration transmise à l’AFP, la secrétaire d’État assure que le gouvernement « prend très au sérieux la menace posée par les drones hostiles sur des sites du ministère de la Défense ». Un porte-parole du ministère a également prévenu que « le Royaume-Uni et ses alliés restent vigilants face aux menaces potentielles », ajoutant que les adversaires ne doivent « avoir aucun doute quant à la détermination du gouvernement à faire face à toute agression ».
Moscou hausse le ton contre les livraisons d’armes à Kiev
La publication de ces données coïncide avec une nouvelle escalade diplomatique. La Russie a convoqué vendredi la chargée d’affaires par intérim du Royaume-Uni pour protester contre la poursuite par Londres de « la hausse de ses livraisons de drones et d’autres systèmes d’armement » à l’Ukraine. Moscou a prévenu que les installations militaires britanniques en Ukraine seraient considérées comme des « cibles légitimes » si elles étaient utilisées pour soutenir des frappes de longue portée contre la Russie.
Cette menace intervient alors que les pays européens surveillent de près les activités hostiles sur leur sol. La question de la protection des infrastructures sensibles et de la dissuasion face aux incursions de drones s’impose désormais comme un enjeu majeur de sécurité nationale pour le Royaume-Uni et ses alliés.