Une frappe de drone attribuée aux Forces de soutien rapide (FSR) a coûté la vie à neuf civils et blessé 14 autres dans le village d’Al-Jamama, au Kordofan-Nord, mercredi. Cet incident survient alors que l’armée soudanaise, en guerre contre les FSR depuis avril 2023, reprend progressivement le contrôle de zones stratégiques, poussant les paramilitaires à durcir leurs représailles.
Un conflit qui s’étend et s’intensifie
Le Soudan traverse une crise humanitaire et militaire sans précédent depuis le début des hostilités entre l’armée régulière et les FSR. Après avoir perdu du terrain dans le Kordofan-Nord, notamment autour de la ville d’El-Obeid, les FSR subissent une pression croissante de la part des forces gouvernementales, qui ont repris le contrôle d’une route cruciale menant à Khartoum. Face à cette situation, le chef des FSR a menacé de ne plus « retenir » ses troupes, laissant craindre une escalade des violences contre les populations civiles.
Les exactions attribuées aux FSR se multiplient dans la région. Selon un groupe indépendant, des agressions, pillages et actes de vandalisme ont été recensés à l’ouest du Kordofan-Nord, faisant des dizaines de blessés. Les frappes de drone, désormais récurrentes des deux côtés, ont déjà causé la mort de plus d’un millier de personnes dans cette zone depuis le début de l’année, selon l’ONU. L’UNICEF, quant à lui, a déploré la mort d’au moins 23 enfants au cours des deux derniers mois dans le Kordofan-Nord.
Crimes de guerre et impunité généralisée
Les deux belligérants sont accusés de cibler délibérément des zones civiles, tandis que les FSR font l’objet de critiques particulièrement sévères. Les paramilitaires sont notamment pointés du doigt pour des violences sexuelles systématiques, des pillages et des actes pouvant relever du génocide, notamment dans la région du Darfour. Malgré les appels internationaux à une trêve humanitaire, la coalition politique des FSR, Tasis, a dénoncé une « obstination » de l’armée à poursuivre son offensive, rendant toute médiation illusoire.
Avec plus de trois ans de conflit, le bilan humain s’alourdit : des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés. La situation au Kordofan-Nord illustre l’impasse militaire et l’effondrement des mécanismes de protection des civils, dans un pays où l’impunité reste la règle.