La France a annoncé la convocation du chargé d'affaires russe à Paris, le 2 septembre 2026, pour protester contre l'envoi d'un drone chargé d'explosifs à l'aéroport de Leipzig début août, imputé à Moscou par Berlin. Emmanuel Macron, en déplacement à Eindhoven pour une réunion de l'Otan, a parlé de « guerre hybride » et réaffirmé la « solidarité » de la France avec l'Allemagne.
Une mobilisation diplomatique coordonnée
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a confirmé la convocation du chargé d'affaires russe au Quai d'Orsay, où il entend « protester très vivement » contre cette « attaque hybride ». Paris prépare également de nouvelles sanctions européennes visant des navires de la flotte fantôme russe. Dans un communiqué, le porte-parole du Quai d'Orsay a réaffirmé « la pleine solidarité » de la France avec l'Allemagne, qui a officiellement établi la responsabilité de Moscou. Le porte-parole de l'UE, Kaja Kallas, a qualifié l'incident d'acte présentant « les caractéristiques d'un terrorisme soutenu par un État », tandis que l'Union européenne a parallèlement convoqué le chargé d'affaires russe à Bruxelles.
Macron, Rutte et l'Otan face à la menace
Depuis Eindhoven (Pays-Bas), où se tenait une réunion de l'Otan, le président français a dénoncé « une fois encore » une « ingérence » russe, évoquant « cette guerre hybride que mène la Russie ». Avant lui, le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, s'exprimant depuis Bruxelles, a mis en garde contre toute tentative de division des alliés : « La Russie se trompe si elle pense qu'elle nous dissuade d'aider l'Ukraine. Notre unité est considérable. » L'incident prend une dimension stratégique particulière : le drone a été découvert dans la zone sécurisée des opérations de fret de l'aéroport de Leipzig-Halle, à proximité d'avions-cargos ukrainiens, et neutralisé par un robot de la police avant qu'il n'explose. Cette plateforme est un site clé pour l'armée allemande et pour l'Otan.
Réponses allemandes et riposte russe
Berlin avait annoncé la veille de nouvelles mesures de rétorsion contre la Russie, sans préciser leur nature exacte. Moscou a réagi par la voix de son ambassadeur en Allemagne, Sergueï Netchaïev, qualifiant les accusations de « non fondées, absurdes et contraires au bon sens ». Il a averti que les sanctions constitueraient « une escalade sans précédent des relations russo-allemandes et ne seraient pas sans conséquences ». Les ministres des Affaires étrangères de l'UE, réunis le même jour en Irlande, devaient discuter des suites à donner. Kaja Kallas a exhorté les États membres à rester « vigilants et fermes » face à ces « signaux d'alarme » que représentent, selon elle, les attaques hybrides en Europe.