Vingt ans après la sortie du premier volume, le manga Dreamland de Reno Lemaire célèbre son anniversaire avec 24 tomes, plus de 800 000 exemplaires vendus et une exposition à Montpellier, confirmant son statut de pionnier du manga français.
Un lancement difficile, mais déterminé
Lorsque Reno Lemaire a publié le premier tome de Dreamland en 2006, le projet a d’abord heurté la méfiance d’une communauté française peu habituée à voir leurs auteurs s’approprier le style japonais. Lors d’une masterclass sur France Inter, l’auteur a rappelé les critiques virulentes qui l’accusaient de « hérésie » et même de vandalisme à la Fnac. Malgré ces obstacles, il a maintenu un rythme soutenu d’un à deux tomes par an, ancrant progressivement le titre dans le paysage de la bande dessinée locale.
Une saga qui a trouvé son public
Dreamland suit les aventures de Terence, un adolescent de terminale aux cheveux roux, qui explore un univers onirique peuplé de rois fous, de monstres de feu et de zones hostiles. Au fil des volumes, le personnage grandit, affronte ses peurs et cherche à retrouver sa mère décédée dans un incendie. Le mélange d’éléments de la vie quotidienne (bac, premières amours, soirées) et d’un univers fantastique a séduit un large lectorat, permettant à la série d’atteindre plus de 800 000 ventes et d’être traduite au Japon.
De la bande dessinée à l’écran et à l’exposition
Le succès de Dreamland ne s’est pas limité aux étagères. Un animé, diffusé sur la plateforme ADN, a permis à la série d’atteindre un public audiovisuel. Par ailleurs, la ville de Montpellier, lieu de naissance du créateur, accueille jusqu’au 21 mars 2027 une exposition dédiée à l’œuvre à l’Espace Dominique Bagouet, offrant aux fans et aux curieux une immersion dans les décors et les personnages du manga.
Impact sur le marché du manga francophone
En cumulant 24 tomes et une présence internationale, Dreamland montre qu’un auteur français peut s’imposer dans un domaine longtemps dominé par le Japon. Le titre a inspiré de jeunes créateurs à explorer le format manga tout en conservant une identité locale, contribuant à la diversification de l’offre culturelle et à la création d’une filière d’édition spécialisée. Le chiffre de ventes, supérieur à 800 000 exemplaires, confirme l’existence d’un public solide et ouvre la voie à de nouveaux projets ambitieux.