Le décès de 37 personnes suspectées d'exploitation minière illégale, survenu alors qu'elles étaient en détention au sein du Nigeria Security and Civil Defence Corps (NSCDC) à Minna, provoque une vive controverse politique. Tandis que certains réclament le départ du Commandant-Général de l'institution, des organisations de la société civile dénoncent une instrumentalisation politique prématurée, appelant à privilégier les conclusions des enquêtes officielles en cours.
Une chaîne de commandement sous examen
L'incident, qui a eu lieu après des opérations menées les 15 et 16 septembre 2026 près du domaine immobilier Lt. Gen. Mohammed Inuwa Wushishi, a conduit à l'arrestation de plus de 50 individus. Selon les éléments communiqués, le Commandant du NSCDC pour l'État du Niger a admis ne pas avoir informé sa hiérarchie nationale de ces arrestations avant que le drame ne se produise. Cette absence de remontée d'informations est au cœur de l'argumentaire de la Coalition of Civil Societies for Transparency and Accountability (COSTA), qui juge illogique de demander la démission du Commandant-Général, le professeur Ahmed Abubakar Audi, pour une défaillance opérationnelle locale dont il n'avait pas été notifié.
Enquêtes fédérales et procédures en cours
Face à la gravité des faits, le gouvernement fédéral a réagi en suspendant le Commandant du NSCDC de l'État du Niger, Suberu Siyaka Aniviye. Parallèlement, une commission d'enquête indépendante composée de dix membres a été mise en place sous l'égide de la présidence et du ministère de l'Intérieur. L'objectif est de faire la lumière sur les circonstances exactes ayant mené à la mort des détenus, alors que le processus de profilage et de documentation des suspects était encore en phase préliminaire au moment des faits.
Le débat sur la responsabilité institutionnelle
La demande de limogeage formulée par un avocat et militant des droits humains, Hamza Dantani, est perçue par ses détracteurs comme une diversion. La COSTA souligne que cette exigence occulte le travail des instances judiciaires et administratives déjà saisies. En rappelant d'autres tragédies sécuritaires passées, le groupe insiste sur la nécessité de respecter le principe de présomption d'innocence et de laisser les mécanismes de l'État fonctionner. Pour les observateurs, l'enjeu est désormais de garantir la transparence des conclusions de la commission d'enquête afin de restaurer la confiance publique envers les forces de sécurité, tout en évitant que le débat ne se transforme en une simple surenchère politique.