Drame de l'hôpital Abass Ndao : le procès pour homicide involontaire s'ouvre à Dakar

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 28 lectures
Drame de l'hôpital Abass Ndao : le procès pour homicide involontaire s'ouvre à Dakar

Trois ans après le décès tragique d'un nourrisson au service de néonatologie de l'hôpital Abass Ndao, le tribunal correctionnel de Dakar a ouvert le procès de trois employées poursuivies pour homicide involontaire. Cette affaire, qui met en lumière des failles critiques dans la gestion du linge hospitalier, soulève des questions fondamentales sur la sécurité des soins et la responsabilité des établissements publics.

Une chaîne de négligences fatale

Les faits, survenus en juillet 2023, décrivent un enchaînement de manipulations ayant conduit au drame. Selon les éléments exposés à l'audience, le corps du nouveau-né, décédé durant une garde de nuit, a été enveloppé dans des draps avant d'être intégré à un sac de linge destiné à la buanderie. La buandière, Astou Diène, a admis avoir placé le sac dans la machine sans vérification préalable, arguant d'une pratique courante où le linge de pédiatrie n'était pas systématiquement inspecté, contrairement à celui provenant des blocs opératoires. De son côté, l'infirmière Rose Niang Diop a reconnu avoir transporté le sachet vers la buanderie, tout en affirmant ignorer la présence du nourrisson à l'intérieur.

Le traumatisme des familles face à la justice

À la barre, le père de l'enfant, Jean François Kouderin, a témoigné de l'épreuve vécue par le couple, dont le premier enfant était suivi en salle Kangourou avant le drame. Les conséquences psychologiques ont été lourdes pour la mère, qui a dû entamer un suivi psychiatrique après avoir été confrontée à la découverte des restes de son fils. La partie civile, représentée par Me Mamadou Diaw, pointe une absence de protocole de tri rigoureux, tant lors de la collecte dans le service de néonatologie qu'à l'arrivée à la buanderie, qualifiant cette carence de manquement grave à une précaution élémentaire.

Réquisitions et enjeux indemnitaires

Le parquet a requis six mois de prison ferme contre l'infirmière Ndèye Birame Sylla, assortis d'une amende de 500 000 FCFA, et une amende de 200 000 FCFA contre la buandière Astou Diène. Concernant la seconde infirmière, Rose Niang Diop, le ministère public s'en est remis à la sagesse du tribunal. Les parents réclament 100 millions de FCFA de dommages et intérêts pour réparer le préjudice subi. Parallèlement, l'agent judiciaire de l'État a sollicité la mise hors de cause de l'État du Sénégal dans le volet indemnitaire. La défense a plaidé pour la relaxe des prévenues, tandis que le délibéré est attendu pour le 17 décembre 2026.

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