La mort de 37 détenus dans un centre de détention à Minna, capitale de l'État du Niger, a provoqué une onde de choc nationale et des manifestations publiques. Alors que les autorités fédérales avaient initialement évoqué une épidémie de diphtérie, les témoignages des survivants décrivent des conditions de détention extrêmes ayant conduit à une asphyxie collective.
Des conditions de détention inhumaines
Les survivants, dont Usman Muhammad, témoignent d'une promiscuité insoutenable dans une cellule d'environ 18 mètres carrés où étaient entassés plus de 50 prisonniers. Privés d'aération adéquate et exposés à une chaleur étouffante, les détenus ont subi une déshydratation sévère. Selon les récits recueillis, les appels à l'aide des prisonniers face à l'agonie de leurs codétenus sont restés sans réponse de la part des gardiens du Corps nigérian de sécurité et de défense civile (NSCDC), l'organisme responsable de leur garde.
Une répression ciblée contre les mineurs artisanaux
Les personnes décédées faisaient partie d'un groupe de mineurs artisanaux arrêtés par le NSCDC lors d'opérations visant à réprimer l'exploitation illégale des ressources minières. Le gouvernement fédéral justifie ces interventions par la nécessité de protéger les revenus de l'État et de lutter contre l'insécurité liée à ces activités. Toutefois, la gestion de ces arrestations, marquée par l'absence de communication sur l'identité et le nombre exact de détenus, soulève de graves questions sur le respect des procédures judiciaires et des droits fondamentaux des personnes interpellées.
Une enquête fédérale sous haute surveillance
Face à l'ampleur du drame, le gouvernement fédéral a suspendu le commandant du NSCDC pour l'État du Niger, Suberu Aniviye, et placé 24 agents en détention. Un comité d'enquête composé de dix membres a été mandaté par les autorités d'Abuja pour faire la lumière sur ces décès dans un délai de deux semaines. Le ministre de l'Intérieur, Olubunmi Tunji-Ojo, a assuré qu'aucune protection ne serait accordée aux officiers impliqués, promettant des poursuites judiciaires en cas de négligence avérée. Le gouverneur de l'État du Niger, Umaru Bago, a pour sa part fermement condamné ces événements, affirmant que les responsabilités devront être établies pour éviter toute impunité.