Douze pays occidentaux s'unissent pour restreindre le commerce avec les colonies israéliennes en Cisjordanie

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 32 lectures
Douze pays occidentaux s'unissent pour restreindre le commerce avec les colonies israéliennes en Cisjordanie

Une coalition de douze pays, incluant la France et le Royaume-Uni, a annoncé son intention d'imposer des restrictions commerciales sur les biens issus des colonies israéliennes en Cisjordanie. Cette décision, qui fait suite à une accélération de la colonisation et à une montée des tensions sur le terrain, vise à marquer une rupture diplomatique face à ce que plusieurs chancelleries considèrent comme une annexion de facto du territoire palestinien.

Une réponse à l'expansion territoriale

L'urgence de cette mesure découle de la multiplication des projets d'extension, notamment le projet E1 à l'est de Jérusalem, et de la passivité des autorités face aux violences des colons. Pour les pays signataires, dont l'Espagne, l'Irlande et la Suède, il s'agit de contourner l'absence de consensus au sein de l'Union européenne pour agir concrètement. Le ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, a qualifié la situation actuelle de « nettoyage ethnique en cours », soulignant la volonté de ces États de ne plus cautionner une politique qui menace directement la solution à deux États.

Des modalités d'application variables

Chaque État membre de cette coalition dispose d'une marge de manœuvre pour définir ses propres mesures de rétorsion. Si le Royaume-Uni a déjà annoncé une interdiction d'importation et des sanctions visant les entreprises fournissant des services aux colonies, la position française demeure plus floue. Le Quai d'Orsay n'a pas encore précisé les contours techniques de ces restrictions, suscitant l'inquiétude d'ONG comme Oxfam, qui réclament une interdiction étendue aux investissements et aux services financiers, et non limitée aux seuls biens matériels.

Un enjeu symbolique et économique

Bien que le commerce avec les colonies représente moins de 1 % des échanges globaux entre l'Union européenne et Israël, l'impact pourrait être significatif pour certains secteurs agricoles, comme la production de dattes et d'huile d'olive. Une étude du Global Echo Litigation Center suggère toutefois que le poids économique réel est sous-estimé, révélant qu'un produit agricole israélien sur cinq exporté vers l'Europe proviendrait en réalité des colonies. Au-delà de l'agriculture, la question des liens financiers des multinationales et des banques européennes avec ces implantations reste un point de friction majeur, alimenté par l'avis consultatif de la Cour internationale de justice appelant les États à ne pas renforcer la présence illicite d'Israël en Cisjordanie.

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