Le président Mamadi Doumbouya a annoncé, jeudi, la création de onze nouvelles préfectures et deux régions administratives en Guinée, portant le nombre total à 44 préfectures et neuf régions. Une réforme qui vise à renforcer la décentralisation et l’efficacité de l’action publique.
Une réorganisation territoriale pour plus de proximité
Parmi les onze nouvelles préfectures créées, certaines se distinguent par leur importance économique ou stratégique. C’est le cas de Kamsar, dans la région de Boké, connue pour son port minier, ou encore Timbo, dans la région de Mamou, qui pourrait jouer un rôle clé dans le développement rural. Les préfectures de Tokonou, Dialakoro et Sabadou-Baranama, toutes situées dans la région de Kankan, reflètent une volonté de mieux couvrir les zones frontalières et les bassins de population.
Beyla et Siguiri deviennent des régions administratives
L’une des mesures phares de cette réforme est la création de deux nouvelles régions administratives : Beyla et Siguiri. Jusqu’ici, ces zones étaient des préfectures intégrées à des régions plus vastes. Leur promotion en régions autonomes pourrait faciliter la gestion des services publics, la planification des infrastructures et le développement local. Beyla, par exemple, est une zone frontalière avec la Côte d’Ivoire, tandis que Siguiri, riche en or, est un pôle économique majeur.
Un impact sur la gouvernance et les services publics
Cette réorganisation territoriale s’inscrit dans une logique de décentralisation, un chantier souvent évoqué en Guinée pour rapprocher l’administration des citoyens. En augmentant le nombre de préfectures et de régions, l’État cherche à améliorer la couverture des services publics, notamment dans les zones rurales et frontalières. Cependant, cette réforme soulève des questions sur les moyens alloués à ces nouvelles entités pour assurer leur autonomie financière et administrative. Une mise en œuvre efficace dépendra des ressources humaines et budgétaires qui leur seront attribuées.
Un signal politique fort
Cette décision intervient dans un contexte où les réformes administratives sont perçues comme un levier pour moderniser l’État et répondre aux attentes des populations. Elle pourrait aussi être interprétée comme une volonté de renforcer le contrôle territorial, notamment dans des zones stratégiques comme les frontières ou les zones minières. Reste à observer comment cette nouvelle organisation sera accompagnée sur le terrain et quels résultats concrets elle produira en termes de développement local.