Une coalition de douze pays, incluant la France, le Royaume-Uni et le Canada, a officialisé l'instauration de nouvelles restrictions commerciales visant les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée. Cette décision coordonnée répond à une dégradation sécuritaire marquée par une recrudescence des violences des colons et une expansion jugée inacceptable des infrastructures de peuplement.
Une réponse à l'expansion territoriale
La déclaration commune des ministres des Affaires étrangères des douze nations souligne que les actions récentes du gouvernement israélien, notamment le lancement d'appels d'offres pour la construction de 1 200 logements dans la zone E1, compromettent gravement la solution à deux États. Cette zone est particulièrement stratégique, car son développement isolerait davantage Jérusalem-Est du reste du territoire palestinien. Pour les signataires, ces mesures sont incompatibles avec le droit international et les efforts visant une paix durable dans la région.
Le tournant des sanctions britanniques
Le Royaume-Uni a franchi une étape supplémentaire en annonçant une interdiction formelle d'importer des marchandises issues des colonies illégales. Le ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, a vivement dénoncé des actes qualifiés de « nettoyage ethnique » perpétrés par des colons, tout en critiquant l'inaction perçue des autorités israéliennes face à ces agissements. Cette mesure vise à aligner les pratiques commerciales britanniques avec les positions politiques du pays, en refusant de soutenir économiquement l'occupation par la consommation de produits issus de ces zones.
Tensions diplomatiques et ripostes
L'annonce de ces sanctions a immédiatement provoqué une réaction ferme de la part d'Israël. Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Sa'ar, a qualifié les déclarations britanniques de « mensonges scandaleux » et a ordonné la fermeture du consulat britannique à Jérusalem. De son côté, la France, par la voix de son ministre Jean-Noël Barrot, a justifié ces mesures par l'urgence d'une situation décrite comme étant « au bord de l'explosion », citant la multiplication des violences extrémistes et la violation persistante du droit international.