Une procédure judiciaire en expansion secoue le Sénégal après l’arrestation de douze jeunes femmes, dont quatre nouvelles, dans le cadre d’une enquête pour actes « contre nature ». Les investigations, menées à Pikine-Guédiawaye, révèlent un réseau présumé dont l’étendue pourrait encore croître avec l’exploitation des téléphones saisis.
Une enquête en cascade et des arrestations successives
Le dossier, ouvert dans la juridiction de Pikine-Guédiawaye, s’est considérablement étoffé depuis les huit premières arrestations. Ces dernières, réalisées par la Brigade de recherches de Keur Massar à la suite d’un renseignement, avaient conduit à l’inculpation et au placement sous mandat de dépôt des jeunes femmes. L’information judiciaire, ouverte par le procureur, avait ensuite été confiée au juge du deuxième cabinet pour des faits qualifiés d’actes « contre nature ».
Les auditions et l’analyse des téléphones des personnes mises en cause ont permis d’identifier de nouveaux noms, poussant le magistrat instructeur à ordonner une délégation judiciaire. Quatre nouvelles femmes, dont une surnommée « Peuzy », ont ainsi été interpellées à Rufisque, Keur Massar et Pikine avant d’être présentées au parquet. Leur nombre porte désormais à douze le total des personnes impliquées dans cette procédure, un chiffre qui pourrait encore augmenter avec la poursuite des investigations.
Un réseau en cours de démantèlement et des enjeux sociétaux
Les perquisitions et auditions menées dans le cadre de cette affaire ont révélé l’existence présumée d’un réseau plus large, dont l’étendue exacte reste à déterminer. Les enquêteurs exploitent désormais les données des téléphones saisis pour remonter les liens entre les personnes interpellées, une méthode qui pourrait conduire à de nouvelles arrestations. La procédure, toujours en cours sous la supervision du juge d’instruction, impose désormais aux nouvelles inculpées de se confronter aux éléments recueillis par les autorités judiciaires.
Cette affaire soulève des questions sur le traitement des minorités sexuelles au Sénégal, où les actes « contre nature » sont criminalisés. Les droits des personnes LGBTQ+ restent un sujet sensible dans le pays, et cette procédure judiciaire met en lumière les tensions entre application de la loi et respect des libertés individuelles. Les prochaines étapes de l’enquête, notamment l’exploitation des preuves numériques, pourraient révéler l’ampleur réelle du réseau présumé et influencer la suite des procédures.