Le député Guy Marius Sagna a constaté, lors d’une visite à Ziguinchor, que le bâtiment de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane, dont les travaux ont débuté en 2014, n’est toujours pas livré en août 2026. Les étudiants, dont la promotion 13 compte plus de 600 inscrits, subissent des conditions d’étude précaires, ce qui entraîne découragement et abandon.
Un chantier qui s’éternise depuis 2014
Le projet, initialement prévu pour être achevé en 2019, a vu son échéancier repoussé à plusieurs reprises par les autorités sénégalaises. Malgré les promesses publiques, le bâtiment demeure à l’état de « construction » douze ans plus tard. Chaque année depuis 2019, les façades sont repeintes une à deux fois, un geste perçu par les étudiants comme une tentative de masquer l’inertie du chantier.
Des infrastructures inadéquates pour des centaines d’étudiants
La salle la plus grande du site ne peut accueillir que 50 personnes, alors que la promotion actuelle dépasse les 600 étudiants. Cette inadéquation oblige les apprenants à suivre leurs cours dans des espaces surpeuplés ou à abandonner leurs études. Le manque de locaux adéquats compromet la mission de l’université numérique, qui vise à offrir un enseignement supérieur accessible et moderne dans la région sud du pays.
Réaction politique et appel à la responsabilité
Lors de son déplacement, le député Guy Marius Sagna a exprimé sa solidarité envers les étudiants et a rappelé au gouvernement l’obligation de livrer le « nouvel espace numérique ouvert (ENO) » de Ziguinchor. Il a souligné que le retard de douze ans constitue une violation des engagements pris envers les jeunes et a appelé à une enquête sur l’utilisation des fonds publics alloués au projet.
Conséquences pour le système éducatif sénégalais
Outre le découragement des étudiants, le blocage du bâtiment freine la mise en œuvre de la stratégie nationale de digitalisation de l’enseignement supérieur. Le cas de Ziguinchor illustre les défis de gouvernance et de suivi des grands projets d’infrastructure publique, qui peuvent impacter la confiance des citoyens dans les institutions.