Ils sont là, quelque part dans les salles du British Museum, du Louvre, du Humboldt Forum de Berlin. Des masques, des statues, des trônes, des manuscrits. Le patrimoine sacré de l'Afrique, violé, transporté, exposé sous verre pour le regard européen. Avec éventuellement, à côté, une petite pancarte qui dit « acquis au XIXe siècle ».
Le pillage chiffré
Selon un rapport commandé par le gouvernement français en 2018 (rapport Sarr-Savoy), entre 90 et 95 % du patrimoine culturel de l'Afrique subsaharienne se trouve aujourd'hui hors du continent. En France seule, le musée du quai Branly détient près de 90 000 objets africains. En Grande-Bretagne, le British Museum en compte des dizaines de milliers, dont les fameux bronzes du Bénin — arrachés lors du sac de la ville par les forces britanniques en 1897.
Ce patrimoine n'a pas été acheté. Il a été volé — lors de guerres coloniales, d'expéditions punitives, de pressions diplomatiques, ou de transactions forées. Appeler cela autrement serait mentir.
Les arguments du refus
Face aux demandes africaines de restitution, les musées européens invoqué plusieurs arguments :
- « Nous préservons mieux les objets » (sous-entendu : l'Afrique ne serait pas capable) ;
- « Ces objets appartiennent à l'humanité universelle » (dont l'Afrique serait exclue de la garde) ;
- « Les lois nationales nous interdisent de les rendre » (des lois faites pour empêcher les restitutions).
Chaque argument est une continuation du discours colonial. Celui qui dit : « Nous savons mieux que vous ce qui vous appartient.»
Les victoires de la mémoire
Mais les choses bougent. En 2021, la France a restitué 26 trésors royaux au Bénin — une première historique. L'Allemagne a annoncé la restitution progressive des bronzes du Bénin. Le Nigeria, le Sénégal, la Côte d'Ivoire intensifient leurs demandes diplomatiques. Des juristes africains construisent des dossiers pour porter ces revendications devant les tribunaux internationaux.
La mémoire africaine ne dormira plus
Restituer les œuvres, ce n'est pas un geste de générosité européenne. C'est une obligation morale et juridique. L'Afrique réclame ce qui lui appartient. Et elle ne lâchera pas. La dignité d'un peuple se mesure aussi à sa capacité de réclamer sa mémoire.
Le pillage chiffré
Selon un rapport commandé par le gouvernement français en 2018 (rapport Sarr-Savoy), entre 90 et 95 % du patrimoine culturel de l'Afrique subsaharienne se trouve aujourd'hui hors du continent. En France seule, le musée du quai Branly détient près de 90 000 objets africains. En Grande-Bretagne, le British Museum en compte des dizaines de milliers, dont les fameux bronzes du Bénin — arrachés lors du sac de la ville par les forces britanniques en 1897.
Ce patrimoine n'a pas été acheté. Il a été volé — lors de guerres coloniales, d'expéditions punitives, de pressions diplomatiques, ou de transactions forées. Appeler cela autrement serait mentir.
Les arguments du refus
Face aux demandes africaines de restitution, les musées européens invoqué plusieurs arguments :
- « Nous préservons mieux les objets » (sous-entendu : l'Afrique ne serait pas capable) ;
- « Ces objets appartiennent à l'humanité universelle » (dont l'Afrique serait exclue de la garde) ;
- « Les lois nationales nous interdisent de les rendre » (des lois faites pour empêcher les restitutions).
Chaque argument est une continuation du discours colonial. Celui qui dit : « Nous savons mieux que vous ce qui vous appartient.»
Les victoires de la mémoire
Mais les choses bougent. En 2021, la France a restitué 26 trésors royaux au Bénin — une première historique. L'Allemagne a annoncé la restitution progressive des bronzes du Bénin. Le Nigeria, le Sénégal, la Côte d'Ivoire intensifient leurs demandes diplomatiques. Des juristes africains construisent des dossiers pour porter ces revendications devant les tribunaux internationaux.
La mémoire africaine ne dormira plus
Restituer les œuvres, ce n'est pas un geste de générosité européenne. C'est une obligation morale et juridique. L'Afrique réclame ce qui lui appartient. Et elle ne lâchera pas. La dignité d'un peuple se mesure aussi à sa capacité de réclamer sa mémoire.